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mardi 20 mai 2008

Le sourire

Il y a de cela plus d'un mois, je suis mandaté pour aller faire une animation de percussions dans une école de la rive nord, avec Gotta, Cheick Anta et Jonathan, un élève de l'école. Magnifique journée de printemps où la neige commence à peine de fondre. Je suis enthousiasmé par cette expérience, parce que notre public est beaucoup plus rafraîchissant et réceptif qu'une bande de vestons cravates BCBG. C'est donc le sourire aux lèvres que nous roulons jusqu'à l'école de l'autre côté de la rivière des Milles-Îles.

Arrivé sur les lieux, je tombe tout de suite sur la directrice qui nous attendait déjà avec impatience. Le premier contact est donc excellent, et nous sommes sitôt conduits au gymnase, lieu où dans quelques instants, une magie certaine va opérer. Bien vite, nous préparons notre matériel, et je discute avec mes comparses de la stratégie à adopter pour que cet après-midi soit mémorable pour les petits bonshommes qui vont venir découvrir la richesse africaine. Notre statégie est simple: basée entièrement sur de l'improvisation, Gotta fera chanter les jeunes, faire un conte, danser les enfants et moi, je prendrai le relais pour les tubes musicaux. Nous devons répéter la séquence deux fois, devant chaque fois 200 jeunes.

L'aspect technique étant maintenant établi, nous attendons l'heure fatidique avec hâte et un bel enthousiasme. La directrice lance soudain son appel à l'interphone, signal que nous devons prendre place pour accueillir le premier groupe d'élèves. Peu de temps après, les premiers groupes font leur entrée, et c'est avec un grand sourire que nous accueillons des enfants hauts comme trois pommes, leur grands yeux fixés sur nous. Nous commençons notre spectacle par un rythme léger, le kuku, et Cheick Anta prend un malin plaisir à aller au micro et à faire chanter les enfants tout en leur indiquant de taper dans les mains. Aussitôt, la magie s'installe, le contact prend forme, et la table est mise pour vivre à nouveau un moment inoubliable.

Gotta, caché derrière d'épais rideaux dans le coin du gymnase, émet aussitôt des cris et agite les bouts de tissu pour manifester sa présence. La réaction est on-ne-peut plus délicieuse dans la salle: un véritable mouvement de surprise se répand, alors que les enfants se lèvent, les yeux grands ouverts, le doigt pointé en direction des rideaux. Gotta fait son entrée, au son du balafon que Cheick Anta joue avec un plaisir manifeste. Un silence teinté de surprise s'installe, et Gotta souhaite la bienvenue aux enfants: «Bienvenue dans notre village d'Afrique».

Les deux heures qui suivirent ont été délicieuses par la spontanéité et l'authenticité dégagées par les enfants dans la salle. Un formidable moment ludique teinté de musique et de sourires que je ne suis pas prêt d'oublier. Surtout lorsqu'à la toute fin de notre prestation, un garçon s'est timidement avancé sur la scène avec une pile de dessins que les enfants avaient pris la peine de créer durant l'après-midi. Les dessins représentaient nous quatre, en train de donner notre spectacle.

Lorsque Gotta l'a pris dans ses bras pour le mettre sur ses épaules, le petit avait un sourire fendu jusqu'aux oreilles. Et plus tard, lorsqu'un des parents responsables des groupes nous a révélé l'importance de ce sourire, ça m'a grandement ému. C'était son premier véritable sourire depuis le début de l'année. Ayant de sérieux troubles de comportements, cet enfant avait, grâce à la magie de la musique, pu se défaire d'un étau considérable. Jamais depuis je n'ai oublié la puissance de ce sourire. Et j'y pense à chaque fois que je joue du tambour maintenant.

lundi 5 mai 2008

Le sommet de la montagne

J'y suis arrivé. Je ne sais trop comment. Un pas à la fois j'imagine...Mercredi dernier, à 16h55, après avoir escaladé les quelques 300 marches menant au sommet de la rampe de l'Université de Montréal, complètement exténué, n'ayant dormi que 90 minutes la veille, j'ai déposé, à la fois de manière concrète et symbolique, mon mémoire de maîtrise au bureau de la secrétaire. Tout simplement.

Le geste semblait si anodin pourtant...Depuis deux ans, je ne cessais de m'imaginer comment je serais pour vivre le moment fatidique. Et bien, je peux dire que c'était quasi surréaliste tellement je concevais la chose comme impossible à réaliser voilà un mois à peine. Mot après mot, phrase après phrase, paragraphe après paragraphe, page après page, chapitre après chapitre...Le tout s'est emboîté, et sans trop que je m'en rende compte, après des nuits blanches consécutives et des cafetières qui se vident pour mieux se remplir, j'ai gravi, une par une, les très nombreuses marches de l'escalier qui me mènerait au sommet, qui me libérerait l'esprit d'une très longue période de ma vie qui devait prendre fin.

Plusieurs me demandent comment j'ai pu réussir un tel exploit, de détenir une telle dose de persévérance et de focus. Je l'ignore moi-même. Chose certaine, j'en ressens encore les effets. C'est la raison pour laquelle mon blogue est demeuré silencieux depuis trois semaines. Je m'en excuse d'emblée, mais je ne pouvais tout simplement pas écrire, je devais prendre une pause d'écran cathodique j'imagine. Mais, je suis de retour, plus déterminé que jamais à replonger dans l'univers de la percussion, la tête en paix.

J'en profite pour vous remercier du fond du coeur pour tous les encouragements et les doses incroyables d'énergie que vous m'avez fournies dans les dernières semaines fort éprouvantes. Que ce soit en personne ou par écrit, elles ont été l'ingrédient essentiel qui fait en sorte qu'aujourd'hui, j'ai atteint le sommet de ma montagne. Mille fois merci !!

jeudi 3 avril 2008

La vie sociale et le djembé

Un des aspects les plus fascinants et les plus intéressants de la percussion africaine, c'est le sentiment d'appartenance à un groupe, à un clan. Bien sûr, le djembé tire ses racines de cette observation. Le rythme n'existe que parce que plusieurs djembéistes le créent. Chacun y va de sa contribution, chacun joue son propre accompagnement, et les notes s'imbriquent les unes dans les autres comme si elles ne formaient qu'un tout cohérent et vraiment mélodieux à l'oreille.

Par contre, cette simple mise en commun de capacités musicales va beaucoup plus loin que ça. Le djembé, pour moi en tout cas, m'apporte beaucoup plus que le simple fait de garnir ma vie de notes de musique. Outre le fait d'être extrêmement libérateur en faisant relâcher la tension intérieure (qui n'a jamais voulu "fesser" sur quelque chose pour se défouler), il me permet de pouvoir entrer en contact avec mon prochain, de reconnecter complètement avec la fameuse «bête sociale» qui sommeille en moi. C'est une courroie de rapprochement qui n'a pas son pareil, qui m'a permis de vivre des activités sociales qui sont rendues primordiales pour moi et de vivre des activités de groupe inoubliables.

Le djembé m'a surtout permis de rencontrer des gens qui autrement seraient passés complètement inaperçus. Mon réseau social s'est donc enrichi de personnes qui exercent des métiers différents, qui ont des pensées et des mentalités complètement diverses aux miennes, qui ont un train de vie que je n'oserais même pas imaginer. Mais, une passion, un intérêt et un désir commun nous habite tous, celui de renouer avec l'esprit de groupe, de clan, et cela est rendu possible grâce au djembé.

Nul doute que la pratique de cet instrument a chamboulé de fond en comble ma vie, et continue de le faire. Et il est amusant de constater que des sondages à saveur scientifique viennent confirmer haut la main cet état de fait.

Incroyable et fascinant de voir qu'un simple morceau de tronc d'arbre recouvert d'une peau de chèvre peut avoir autant d'impact...Vous ne trouvez pas ?

dimanche 30 mars 2008

Cimentation

Il y a eu, au cours de la dernière semaine, un formidable vent de changement à l'école. Comme une sorte d'enthousiasme contagieux, impossible à ignorer. Ça se sentait chez tout le monde. J'imagine que l'arrivée du printemps y est pour quelque chose. Cette intense énergie créative a permis de cimenter les bases des trois spectacles que je devrai superviser pour la soirée portes ouvertes qui s'en vient.

Personnellement, je me suis nourri au maximum de chaque seconde où l'échafaudage du spectacle se créait devant moi. Contrairement à la session dernière, où la soirée des portes ouvertes était inconnue de tous, nous savons bien mieux dans quelle direction aller, suite aux observations que nous avons pu tirer. L'aiguillage est donc beaucoup plus facile, ce qui en bout de ligne permet de relever la barre quant à la qualité et au «pacing» du show.

Cette semaine qui culmine la session permet de mettre au jour des talents inscoupçonnés chez la plupart des élèves. Des danseurs, chanteurs, jongleurs, musiciens se manifestent d'emblée et créent de toutes pièces des morceaux artistiques qui témoignent vraiment de ce mouvement créatif dont je vous parlais auparavant. Certes très surprenant, il est étonnant en plus de constater à quel point cet amalgame d'arts aboutit à une mosaïque dont les couleurs sont tellement riches et variées.

Pour moi, cette dernière semaine a permis de me reconnecter avec l'étincelle de l'artiste, et j'ai pu constater que je n'étais pas le seul à ressentir cette étincelle qui répand son feu dans les coeurs. Les fondations des trois spectacles sont maintenant cimentées. J'ai très très hâte à vendredi prochain pour en voir le magnifique édifice...

mercredi 26 mars 2008

Mon cours dans le journal!

Un article est apparu hier dans le journal 24 heures concernant le cours que j'ai eu la chance de donner aux élèves Débutant 2 en février dernier. Un cours formidable portant sur les solos. La journaliste qui était présente ce soir-là livre ici sa version de la soirée, et ma foi, je suis très content du topo. À lire!

vendredi 21 mars 2008

Heureux d'un printemps

Avant d'entamer mon texte, je m'excuse du long silence inhabituel qu'il y a eu sur mon blogue dernièrement. J'en suis rendu au dernier droit avec mon mémoire de maîtrise et je dois concentrer toutes mes énergies sur cette tâche ardue qui occupe un trop grand pan de ma vie à l'heure actuelle. Mais, je m'accorde un instant de pause pour vous donner les dernières nouvelles.

La session à Samajam tire déjà à sa fin, et encore une fois, je n'ai rien vu passer. Les cours déboulent à un rythme d'enfer, donnant le ton à ce qu'on apprend de semaine en semaine. Nous en sommes présentement à la préparation du spectacle de fin de session qui aura lieu dans trois semaines, et une super énergie créatrice s'est envahie dans l'équipe. Ça se traduit par de formidables moments sur scène où nous communiquons l'art du jeu et de la scène aux élèves.

À ce moment-ci d'une session, je suis toujours pris entre deux feux. Celui d'une belle et joyeuse envie de mettre les efforts nécessaires pour que le spectacle soit une belle et grande réussite. Et il y a un autre feu qui me fait redouter un peu l'heure de la fin, où des élèves qui étaient avec moi et Éric depuis maintenant presqu'un an vont nous quitter dans les cours pour aller suivre l'enseignement des cours intermédiaires. C'est la fin d'un beau cycle, le début d'un autre.

Cette session confirme encore une fois à quel point le calibre des élèves monte en flèche. Peut-être est-ce dû au fait que l'équipe se tient les coudes de plus en plus serré...Chose certaine, l'idée d'avoir invité les profs avancés dans les cours débutants est une super idée...Le cours de Mélissa Lavergne sur les rudiments de la samba et celui de Kattam ont permis de prouver que peu importe le niveau, suffit d'une dose d'ouverture et de persévérance pour arriver à apprendre pratiquement n'importe quoi...

Je ne peux pas faire autrement que de me dire que l'heureux printemps qui s'amorce aujourd'hui est garant de moments incroyables qui seront, bien sûr, immortalisés ici. L'histoire continue...

dimanche 16 mars 2008

Une grande leçon de vie...

Cette semaine, il y a eu un excellent reportage de diffusé à la télévision de Radio-Canada. Ce reportage m'a touché droit au coeur par toute la sincérité des témoignages et des images. Des élèves de 5ième secondaire se sont improvisés comme professeurs dans une petite école sénégalaise à Dakar, en Afrique, le temps de la semaine de relâche. En visionnant le topo, des souvenirs impérissables de mon expérience au Guatemala ont rejailli dans ma tête, alors que j'avais 17 ans. Une fabuleuse expérience qui m'a marqué à tout jamais...

Je vous laisse voir par vous même les images. C'est une formidable leçon de vie à laquelle vous allez être témoin. Pouvoir détenir entre ses mains la destinée d'une poignée d'élèves qui ne demandent qu'à apprendre, qu'à vivre, qu'à se tailler une place dans leur société, et ce, pendant quelques jours, c'est un honneur et une chance inouïe. Le transfert de bénéfices, l'échange culturel, mais surtout, l'empreinte indélébile du bonheur partagé est sans équivoque. C'est très émouvant de se rappeler tout cela, mais en même temps, ça procure tellement de bien...


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jeudi 13 mars 2008

Apprendre à l'africaine

Cette semaine, il y a eu un petit changement au programme des cours, ce fut Cheick Anta Faye, notre cher ami et prof de percussions africaines, qui a été en charge d'enseigner les cours des élèves avancés et débutants 2. Lundi soir, après une journée éreintante, je me suis amené à l'école avec une hâte extrême de pouvoir bénéficier des enseignements de ce grand maître, puisque cela faisait longtemps que je n'avais pas assisté à ses cours.

Assis en demi-cercle, nous étions une dizaine tout au plus à savourer ce moment unique. Cheick Anta est doté d'une modestie et d'une grande humilité malgré toute son expertise. Jamais je n'ai entendu un djembéiste avoir une telle dextérité dans la capacité à produire des sons aussi clairs. Le fruit d'années de pratique et de jeu.

Tout au long de ce lundi soir, nous avons plongé avec délice dans l'art d'apprendre des rythmes à l'africaine, sans notion de pulsion, de rythmique, de ternaire ou de binaire. Car Cheick ne connaît absolument pas ce monde cartésien et occidental de la musique. Pour lui, il suffit de chanter et de jouer, de rejouer et rejouer, jusqu'à temps que, comme par magie, le déclic se fasse. Il faut donc être pas mal ouvert d'esprit pour pouvoir bénéficier de cette méthode qui est pour le moins déstabilisante mais fascinante, car oui, elle fonctionne!

Nous avons donc joué ce soir là un rythme nommé Liberté. Un rythme magnifique, avec des appels spéciaux et des accompagnements uniques, comme seul un africain en connaît le secret. Rarement aie-je senti la puissance et l'harmonie d'un rythme. Il suffit d'avoir un seul contact visuel avec Cheick Anta et ça nous éblouit. Je perçois aussitôt tout ce qui se cache derrière le rythme. Et en ce lundi soir, cela cadrait parfaitement bien avec la soirée. Durant cet instant précis, jamais je ne me suis senti aussi libre, et aussi vivant !

dimanche 9 mars 2008

Des mots pour oublier les maux

En ce soir d'hiver où Dame nature ne cesse de vouloir laisser sortir sa colère, où les congères s'accumulent, épaississant le tapis blanc recouvrant les restes de couleurs foncées sur le sol, je suis au chaud dans mon igloo pour écrire un nouveau texte, assis devant mon écran, pianotant sur le clavier. Une autre grosse semaine est sur le point de prendre fin, et je ne peux passer sous silence la fabuleuse soirée de mercredi soir, où, malgré la fatigue et un début de bronchite, j'ai enseigné à un groupe d'étudiants vraiment doués, allumés et qui en un rien de temps m'ont fait oublier tous mes maux.

J'avais bien hâte à ce cours, ne serait-ce que pour mettre un baume sur une journée amorphe et monotone. Je savais exactement quel plan de match appliquer, quelles cartes de mon jeu sortir. Jusqu'à ce qu'un coup de téléphone vienne un peu chambouler le tout. L'école m'annonce qu'une journaliste viendra suivre le cours pour écrire un papier sur l'atmosphère chez Samajam. Je me dis que c'est parfait, et que c'est une super occasion de tester ma capacité d'adaptation. Je raccroche le combiné confiant, mais en même temps, je doute de mes capacités de concentration...Le mal de gorge qui me tenaille ne semble pas vouloir s'estomper...

Sitôt arrivé à l'école, je ressens un grand soulagement en entendant déjà les tamtams et la musique sortir des structures de la bâtisse. Elle suinte déjà la bonne humeur et l'énergie, élément tellement nécessaire à mon bien-être ces jours-ci. J'entre donc à l'intérieur avec un regain de confiance, galvanisé par toute cette musique. Je me fais bientôt introduire à la charmante journaliste, je lui souhaite un bon cours, puis je retourne prendre place sur la scène, derrière mon djembé, allume mon micro, et j'y oublie aussitôt tout le reste.

Sans aucun effort, je savais exactement quoi dire, dans quel ordre, à quelle vitesse donner le cours...Essentiellement, je voulais lui donner une teinte plus spéciale. S'éloigner un peu de la routine des rythmes. Plonger dans quelque chose de plus instinctif, de plus créatif. Et lorsqu'est venu le temps de former un grand cercle avec le groupe, et lorsque j'ai placé mon djembé en plein centre, prenant une profonde inspiration pour expliquer l'art des solos, j'ai tout de suite su que ma décision était la bonne.

Les lumières du local tamisées, les élèves disposés en grand cercle, battant la mesure avec leur tambour, fournissant un filet aux mailles serrées pour les quelques courageux qui seraient pour se lancer dans quelques secondes, j'ai pris un moment pour bien apprécier le moment, saisir à cet instant précis ce que le groupe ressentait, et ça m'a tout de suite plu. Tel un colonisateur parti à la découverte de nouveaux mondes, j'amenais avec moi de nouveaux compagnons pour leur faire découvrir une terre nouvelle, un monde méconnu, celui où les barrières de la raison tombent pour laisser émerger les plus belles et plus profondes émotions.

Ce que je retiens de cette fabuleuse fin de cours, c'est chaque individu qui, bien sûr, se sont approchés d'abord timidement pour prendre place derrière le tambour que j'avais placé derrière le cercle. Chacun ont fermé les yeux, pris une grande inspiration, et ont commencé à faire leur première frappe. Puis, vint ensuite une deuxième...et une troisième...Peu à peu, les mots qui sortaient de l'instrument se mettaient à faire des phrases qui prenaient tout leur sens. Le local fusait d'une créativité sans limite. Les mots parvenaient à mes oreilles et sont parvenus, en un éclair, à me faire oublier mes maux...

mercredi 27 février 2008

Le Noir dans le Blanc

Autre extraordinaire soirée de musique et de rythmes ce soir à Samajam. Franchement, je ne réalise vraiment pas que la mi-session soit atteinte déjà, mais en même temps, avec tout le chemin parcouru avec notre nouveau cours de Débutant #3, on ne peut pas demander mieux! Quelle belle évolution!! J'ai eu la sensation, assis derrières les duns, de partir en voyage, de quitter définitivement le local et de m'affranchir de la tempête qui prenait naissance à l'extérieur, tellement l'intensité et la beauté du rythme africain était palpable.

Je ne peux pas dire avec certitude pourquoi, mais ce soir, j'ai ressenti une grande émotion qui, aux travers de mes gouttes de sueur inondant mon visage, a fait jaillir certaines larmes de joie. J'aurais beau vous décrire blanc sur noir, dans cet espace virtuel, la raison d'être de cet état affectif, je ne peux pas vous le décrire. Des fois, il faut être présent de corps et d'esprit pour vivre le moment...

Chose certaine, quand notre cher ami Cheick Anta, venu s'immiscer dans le cours de ce soir, s'est mis à chanter de lui-même par-dessus le rythme qui jaillissait des tambours, et qu'il ne semblait plus vouloir s'arrêter, alors c'est signe qu'en quelque part, une bande de Blancs Québécois arrivent à faire sortir un peu de Noir qui sommeille en chacun d'eux-mêmes.

vendredi 22 février 2008

Soir d'éclipse

Il y a toujours eu, depuis que j'ai l'âge adéquat pour être en mesure de m'en rendre compte, une espèce de sensation spéciale et palpable lorsque les astres s'alignent dans le cosmos pour donner naissance aux éclipses. Mercredi soir ne faisait pas exception à cette règle. D'autant plus que la Lune était pleine et majestueuse lorsque je suis sorti du métro pour marcher vers l'école de percussions.

Le cours s'est déroulé drôlement ce soir là. Le groupe est timide, les gens sont plus lents que d'habitude à plonger, à se détacher de leur journée pour profiter d'un relâchement hebdomadaire rendu plus que nécessaire. Mais, peu à peu, la tendance s'inverse, si bien que, à la fin de l'heure et demie, l'atmosphère électrisante du local a vite fait de remettre les pendules à la bonne place.

Le mercredi soir étant la fameuse soirée où les élèves se regroupent pour aller prendre une bonne bière avec poutine au bar La Quincaillerie, nous sortons dans la nuit glaciale hivernale. Dès que je mets le nez dehors, je scrute le ciel pour apercevoir la Lune qui a déjà commencé à s'envelopper de son manteau ombragé. La nuit est splendide, belle comme l'astre qui l'éclaire, son froid mordant rappelant de jolie façon qu'il faut se couvrir.

Durant le trajet menant au bar, j'essaie tant bien que mal de regarder à travers les vitres de la voiture pour être témoin de l'avancement de l'éclipse. C'est fou comme ça apparaît anodin, mais c'est plus fort que moi. Nous sortons de l'auto et j'ai encore la tête en l'air pour ne rien manquer du spectacle. Mais, l'appel de la bière étant ce qu'il est, et le froid commençant vraiment à pénétrer mon squelette, je m'engouffre à l'intérieur pour me réchauffer.

Plus tard, alors que je m'aperçois que l'heure avance, je décide d'aller me jucher en plein milieu du couloir du bar, là où est situé un puit de lumière juste assez grand, placé au parfait endroit, puisque la Lune est maintenant située juste au-dessus. Nous sommes bientôt une dizaine d'huluberlus à regarder en l'air en plein milieu du bar, ne disant aucun mot, seulement là à contempler une merveille de la nature, pendant qu'un temps indéfini passe.

L'étroitesse du puit de lumière ayant permis de voir le maximum de ce qu'il était possible de voir de l'intérieur, je me surprends à mettre mon manteau et à sortir à l'extérieur pour admirer le point culminant du spectacle. J'ignore combien de temps je suis resté là à admirer le manteau orangé de la Lune, mais je me suis dit à ce moment précis qu'il y avait de bien belles choses qui existent dans ce monde...La musique, et le ciel...Je venais de vivre une soirée musicale totalement énergisante grâce, en quelque part sans l'ombre d'un doute, à cette prouesse de la nature, et j'étais entouré par des personnes qui me sont chères pour partager ce moment. Sans trop m'en rendre compte, je laissais mes yeux s'humecter de larmes dues au froid extrême, mais aussi, bien humblement je dois le dire, au caractère solonnel et émotif de la scène.

Oui, définitivement, les éclipses possèdent un je-ne-sais-quoi de magique...

mercredi 20 février 2008

La fovéa

Je reviens ce soir d'un formidable cours où j'ai enseigné à une vingtaine d'étudiants. Complètement énergisé, j'ai peine à trouver le sommeil (vous n'avez qu'à jeter un oeil sur l'heure de publication de ce billet). Et pour cause, puisque le groupe a dépassé ses limites. Atteint de nouveaux sommets en terme de jeu et de qualité d'écoute. C'est tellement énergisant que je ressens encore les molécules d'adrénaline serpenter dans mes veines.

J'avais comme mandat ce soir de paufiner le rythme du tiriba que nous avons décidé Éric et moi d'enseigner cette session-ci. Formidable rythme ternaire, le tiriba est aussi un rythme complexe à sentir. En percussion, "sentir le rythme" est l'expression qui désigne la manière dont il faut interpréter la séquence de frappes formant l'unité rythmique. Par exemple, certains rythmes, comme le kassa, se joue de façon très carrée et très lourde, chaque frappe étant bien centrée par rapport aux références de temps. Pour le tiriba, c'est exactement l'inverse. Les frappes sont plus aériennes et tombent entre chaque référence de temps. Il est donc au début bien difficile de bien sentir le rythme et d'imbriquer les accompagnements les uns avec les autres.

Et pourtant, ce soir, alors que j'étais en plein centre du grand cercle formé par les élèves, mettant en place chacun des trois accompagnements, quelque chose qui me dépasse (et que je n'arriverai jamais à complètement saisir d'ailleurs) s'est produit. Des fois, j'ai été témoin de tentatives infructueuses d'arriver à agencer les accompagnements pour que le rythme puisse naître. Des cours complets à réessayer et réessayer la même chose, sans relâche. Et ce soir, presque du premier coup, le rythme a jailli comme le polichinelle sort de sa boîte. Chaque note au tambour était parfaitement synchronisée dans le temps.

Je ne peux vous décrire en mots la beauté et l'intensité de ce moment de grâce. Ce soir, en étant au centre du cercle, j'entendais en parfaite harmonie la magie du rythme. Le résultat d'un fabuleux travail d'équipe, où chacun y mettait tout son coeur et toute son énergie. Au centre de ce grand cercle, j'étais placé à sa fovéa, le nom donné à la zone de la rétine de l'oeil où les rayons lumineux convergent pour former l'image la plus précise possible. J'entendais autour de moi le résultat le plus précis possible du rythme, je sentais vibrer en moi chacune des ondes provenant des peaux de djembés, et j'avais dans la tête une pleine conscience de vivre un moment unique de joie et de bien-être.

mardi 19 février 2008

Mon blogue sur le portail culturel du Canada!

Quelle ne fut pas ma surprise ce soir de voir mon blogue apparaître dans la section Blogues recommandés par culture.ca, le portail web de la culture du gouvernement du Canada !

Wow, j'en suis flatté! Je ne connaissais pas du tout l'existence de ce portail, mais j'avoue que je vais l'explorer sérieusement, l'initiative est fort louable. Je l'ajoute d'ailleurs tout de suite dans ma liste de sites intéressants.

Voici ce qui est écrit à propos de ce portail:

Culture.ca, le portail culturel du Canada, est une initiative du ministère du Patrimoine canadien dans le cadre de la Stratégie sur la culture canadienne en ligne. Élaborée en collaboration avec des partenaires des secteurs public et privé, Culture.ca a pour objectif d'engager les Canadiens à l'égard de la vie culturelle en favorisant l'accès, dans les deux langues officielles, à des contenus culturels canadiens de qualité.


Je suis bien heureux de pouvoir contribuer, à ma façon, à la diffusion de la culture africaine et des autres peuples à travers la percussion! Quel fabuleux moyen que de s'ouvrir aux autres nations !

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vendredi 15 février 2008

Changement d'adresse!

Depuis hier, vous avez peut-être remarqué que mon blogue a un nouvel en-tête ainsi qu'une toute nouvelle adresse. En effet, j'ai décidé de passer au «.com» afin de simplifier la mémorisation de l'adresse de mon blogue.

Veuillez donc mettre à jour vos signets pour qu'ils pointent vers www.martinledjembefola.com ! Garanti que dans les prochains jours, je vous réserve une panoplie d'articles sur la percussion, afin d'enrichir mon guide sur le djembé !

Merci encore de paser par ici et me laisser de si merveilleux commentaires !

mardi 5 février 2008

Le dialogue du djembé

Je regarde les aiguilles de l'horloge...Dix-huit heures trente cinq. Je suis sur scène, prêt à entamer le cours de percussion. Mes instruments sont prêts. Mon micro est allumé et en bon état de marche. Autour de moi, un capharnaüm sonore retentit...Les étudiants enfilent leur courroie de djembé, positionnent leur instrument, et se mettent à frapper la peau, parfois avec grâce, parfois avec violence, mais toujours avec le désir ardent de faire sortir le maximum de son possible. Je prends toujours un vif plaisir à scruter la scène qui s'offre devant moi. De la plate-forme surélevée, c'est quasi surréaliste de voir comment l'humain, dans un contexte précis, renoue avec la bête en lui. Personne, ou presque, ne parle! Tout ce que l'on entend, ce sont les "pi-pa-pou" qui explosent dans la salle.

Dès lors, je me sens tiraillé. Briser la bulle qui se forme dans le groupe à cet instant précis serait commettre un sacrilège. Mais, il faut ramener la "meute" à l'ordre. Car, comme le dit si bien Mamady Keita, il faut, en tant que percussionniste, réussir à faire parler le djembé, et non à seulement faire du bruit avec...Mais les gens ont l'air d'être tellement dans leur élément, que je pourrais disparaître pendant une heure complète, revenir et rien n'aurait changé...Phénomène fascinant où le temps n'a plus aucune importance.

18:37 et 50 secondes...54....57...18:38. C'est à ce moment que je frappe à mon tour sur mon tambour, juché sur son support, les sons crevant les muliples bulles qui se sont formées durant le dernier quart d'heure. Les roulements, les tapes, les chauffés se succèdent de plus en plus vite, je laisse mes mains parler, puis, j'effectue l'appel classique des rythmes (pra-pi-pi-pi-pipi-papapa!) et...Plus rien...Malaise...Déstabilisation...Les peaux se taisent, les gens se tournent dans ma direction, et c'est ainsi que démarre une autre soirée de percussions inoubliable, où les djembés peuvent enfin se mettre à parler...

lundi 4 février 2008

Escapade dans la vallée de l'or

Vendredi voilà plus d'une semaine, le directeur de production de mon école me laisse un message m'invitant à réserver mon mardi et mon mercredi de la semaine prochaine pour un corpo. Cette fois, c'est l'endroit qui sort de l'ordinaire, car nous allons à Val-d'Or, en Abitibi, dans le nord-ouest de la province (je le précise pour situer les lecteurs ne connaissant pas très bien la géographie québécoise). Je devais donc m'embarquer dans un périple de 700 km en voiture vers le nord.

Le mardi suivant, par un matin glacial, sac de sport contenant mes effets à la main, je me présente au point de rendez-vous à Laval, non loin de la 15, où j'ai attendu que l'on vienne me chercher. Puis, voyant les deux camions blancs bien distinctifs s'approcher, je me suis dit que j'étais pour vivre encore de bien beaux moments grâce au tambour...Et ce fut effectivement le cas.

Les yeux encore souillés de sommeil, je salue mes collègues qui sont pas mal dans le même état, à part Gotta, qui lui, peu importe l'heure du jour, est toujours super éveillé...Et c'est super, car dès que je le vois, les dernières volutes de fatigues se dissipent aussitôt. J'ai bien hâte de mettre les pieds dans la vallée de l'or, et moi qui trouvait déjà que Mont-Laurier était situé au bout du monde...

Nous montons ainsi vers le nord, sur la 15 qui devient la 117, toujours droit devant nous. Sur le chemin, on écoute de la bonne musique africaine, du reggae, et même, nous regardons le show de la troupe Gumboots sur DVD, ainsi que celui de la troupe Stomp...Ça fait passer le temps diablement vite! Si vite en fait que je me rends compte que Mont-Laurier n'est plus qu'à une trentaine de kilomètres. Cela fait étrange d'y repasser, cela me rappelle les bons moments du temps des Fêtes lorsque j'y étais allé, pour décrocher totalement...Mais, cela est une autre histoire.

Passé Mont-Laurier, nous entrons par la suite dans le parc de la Vérendrye, où le paysage enneigé témoigne à quel point le Québec n'a rien à envier aux autres endroits dans le monde pour la beauté de son paysage. La route est bien dégagée, ce qui est rassurant vu la quantité de courbes et de vallons à parcourir. Je dois m'armer de patience en voyant la pancarte verte annonçant que Val-d'Or est à 280 bornes de nous...Le bout du monde je vous dis!

Après des heures à rouler à travers des rangées d'arbres enneigés, sans rencontrer le moindre village, hormis Le Domaine, restaurant improvisé au bord d'un lac, là où la plupart des camionneurs passent pour se désaltérer et se reposer, nous arrivons enfin aux portes de Val-d'Or, aux dire d'un écriteau nous souhaitant la bienvenue. À peine entré dans la ville, nous arrivons à notre hôtel (le seul de la ville pratiquement), où nous allons décharger le matériel et prendre possession des lieux. Puis, nous profitons d'une bonne heure de repos, et je sombre ausitôt dans une sieste énergisante.

À peine éveillé, je me rhabille en uniforme pour aller rejoindre les autres au lobby, puis nous nous préparons, une fois dans la loge, à accueillir l'équipe de direction des caisses Desjardins de Val-d'Or. Ils sont tous fort sympathiques, et leur training se passe dans le plaisir et la bonne humeur. Toute l'équipe se retrouve ensuite en arrière scène où nous attendons, instrument en main, à l'introduction de bienvenue du président. Ce dernier se met ensuite à accueillir le groupe, et très vite, c'est au tour d'Amar et moi à s'avancer et à laisser libre cours, enfin, à la grande surprise.

J'ai eu un plaisir fou à jouer des duns avec Amar au djembé, c'est ce que nous avions prévu et c'est une nouveauté qui est vraiment à reconsidérer dans le futur. Les gens sont vraiment surpris de nous voir, la soixantaine de personnes dans la salle sont témoins de l'effet puissant des percussions. Ça crie, ça tape des mains, exactement ce que l'on voulait. Et lorsque toute l'équipe de direction sort de sa cachette, c'est l'explosion de joie et de sourires sur tous les visages.

Il y a eu un je-ne-sais-quoi de spécial dans ce corpo-là. J'ai senti un élan d'accueil, de véritable désir de faire une pause, de profiter à fond du moment présent. La température glaciale du local a fait place à une chaleur bienfaitrice, réconfortante. Et que dire de l'équipe qui a donné son 110% du début à la fin, avec Gotta à la guitare qui a fait chanter et danser les participants sur du ya-ya. Val-d'Or nous a même accordé une première: un rappel ! On se serait cru dans un véritable show rock. Ça m'a fait chaud au coeur de voir la lueur dans les yeux de tout ce beau monde, du bien bon monde, qui me donne le goût de remettre les pieds dans ce coin de pays, assurément !

dimanche 27 janvier 2008

Départ canon

Une autre semaine qui vient de filer à très (trop?!) grande vitesse...J'ai à peine le temps de me connecter sur mon blogue ces temps-ci, tellement j'ai peine à trouver le temps et l'énergie pour le faire! Ça bouge pas à peu près dans ma vie en ce début de 2008, ce qui confirme l'intuition que j'avais durant les Fêtes. Cette année, sans aucun doute, plein de changements affecteront mon quotidien...Autant s'y habituer...C'est déjà commencé...

Nous avons donc inauguré cette semaine le début de la session d'hiver 2008 à Samajam. En tout, je participe à quatre cours par soir, rien de moins! Le lundi soir, c'est mon cours avancé avec Mélissa Lavergne, où nous continuons les rythmes ternaires (soko, soli, etc.), mais cette fois-ci on se penche beaucoup plus sur les arrangements des dunduns. Bien intéressant comme changement de cap!

Le mardi soir, Éric et moi retrouvons notre super belle gang d'étudiants Débutant 3 et on prend vraiment à coeur notre tâche de monter un tout nouveau cours. C'est très motivant et il ne se passe pas une seule journée sans que nous en parlons. Surtout que c'est un petit groupe, cela ouvre les portes de l'expérimentation! À suivre donc...Beaucoup d'ajustements en perspective, mais ça fait partie du jeu!

Le mercredi soir, je retrouve la gang d'anciens Débutant 1 devenus des D2 maintenant. Ça m'étonne toujours de voir à quel point le temps file! C'est la première fois en tant que prof que je vis le fameux "syndrome de la répétition", où nous redonnons grosso modo le même programme, amputé seulement d'un rythme. Mais il va sans dire que ce cours sera bien différent de la session dernière, puisque les cinquante et quelques étudiants qui le composent sont bien différents de leurs prédécesseurs. C'est là toute la magie et l'intensité de l'enseignement...Rien n'est pareil. Nous avons eu un super beau premier cours avec eux, et ça augure bien pour le reste.

Finalement, le jeudi soir, c'était le premier cours des tous nouveaux étudiants débutants de l'école. Plus de 120 nouveaux venus qui apprendront dans les prochaines semaines ce que c'est que de vivre un intense trip musical. Comme à l'habitude, nous étions plus d'une trentaine au devant de la scène à se donner à fond. J'ai bien aimé notre petite prestation musicale du début, où Cheick Anta était le premier à se donner aux solos, suivi de Sadio, puis du petit Kevin...Incroyable comment il est épatant ce petit garçon de huit ans...Par la suite, Éric et moi y sommes allés de solos et d'échanges aux dunduns qui, ma foi, étaient pas mal du tout. Finalement, le feu d'artifice sonore a éclaté par la suite, et les nouveaux se sont grandement amusés au tambour, à chanter Oye Como Va entre autres, avec Mélissa qui est venue aussi faire son tour. La totale quoi.

IMG_7320 CROP

Qu'est-ce que les mois à venir me réservent ? Sûrement plein de belles rencontres, de beaux moments et des décisions importantes à prendre...Mais en attendant, je vous laisse, j'ai des partitions de rythmes à aller éplucher...Je vous l'avais dit que je prenais ma job de prof à coeur ;-)

samedi 19 janvier 2008

Les deux côtés de la ceinture

Côté prof

Cette semaine, comme à chaque fin de session à l'école de percussions, c'était les examens de «ceinture», l'équivalent de ce qu'il y a au karaté pour évaluer la performance des étudiants et savoir s'ils maîtrisent bien leur matière. Dans mon cas, je devais évaluer quarante étudiants de niveau débutant en percussions africaines, soit douze en ceinture orange et vingt-huit en ceinture jaune. Jamais je n'avais eu à évaluer autant d'élèves auparavant, signe que le concept de ceintures commence à s'ancrer dans les moeurs de l'école.

Mardi soir, je devais évaluer les douze aspirants à la ceinture orange en leur demandant de jouer en groupe un accompagnement d'un rythme appris durant la session, que ce soit le kassa, le djole, le kuku, le makru ou le yankadi. Il régnait dans le local une certaine pression lorsque je suis entré, signe que les étudiants prennent à coeur cet examen. Mais dans ma tête, je veux absolument qu'ils comprennent que ça doit demeurer un examen qui se fait dans le plaisir et la détente. En tant que prof, je me considère d'abord et avant tout un catalyseur poussant l'élève à se dépasser, à repousser les limites de ce qu'il pense être ses limites.

Le sourire aux lèvres, confiant d'assister ce soir à l'éclosion réelle de nouveaux talents, je m'asseois à la table des évaluateurs alors que mon collègue Éric s'affaire à terminer d'expliquer le déroulement de l'examen. Par la suite, je prends la peine de souhaiter la bienvenue à tous, de les remercier d'être présent, et je les rassure comme je peux avec le regard, l'attitude, le calme. Je leur souligne aussi que ce soir, ils vont jouer comme jamais ils n'auront jouer auparavant. Que s'ils font confiance à cette peur, à ce stress, à ce trac, à cette moiteur dans leur main, sur leur front, aux palpitations de leur coeur, bref, s'ils se connectent à cette énergie, ils deviendront ce soir de meilleurs musiciens et ils atteindront un niveau de jeu inégalé.

Quant à moi, je me dois de focuser au maximum sur ma tâche. C'est le respect que je dois rendre à ces gens qui prennent la peine de se mettre dans une position qui est, avouons-le, inconfortable. Ça me demande énormément d'énergie. À chaque étudiant, je dois m'attarder à un paquet d'éléments, que ce soit auditifs et physiques, afin de pouvoir dresser le meilleur portrait possible de la situation. Ne pas échapper un rythme, noter la posture, la polyrithmie, la musicalité...L'effort en vaut cependant largement la chandelle. Autant pour les deux soirées d'évaluation, j'ai été soufflé par tout le talent que j'ai vu. Il est tellement réconfortant, impressionnant et émouvant même de voir la progression fulgurante des élèves, de voir s'épanouir en tant réel leur assurance, leur écoute musicale, leur compréhension de la musique africaine.

Ma récompense lors de ces deux soirées, ce fut lorsque j'ai remis dans les mains des heureux élus leur bout de tissu coloré. Ce symbole à l'allure banale et sans importance prenait ici un sens incroyablement important, et l'éclat dans leur yeux témoignait de tout l'effort investi dans leur apprentissage...

Chapeau à tous!

Côté élève

Deux jours plus tard, j'étais cette fois ci dans les souliers de l'élève, puisque je devais à mon tour passer l'examen des deux ceintures qui manquaient à ma collection, soit la ceinture verte et la ceinture bleue. L'évaluatrice n'était nulle autre que Mélissa Lavergne, ma prof de percussions. Malgré le caractère un peu intimidant de l'examen, je ne ressens quasiment aucun stress, je me dis que peu importe le résultat, je serai satisfait d'avoir joué devant elle, avec des amis, et je vais m'efforcer de faire de mon mieux.

Quelle ne fut pas ma surprise de repartir avec deux ceintures de plus. Mais au-delà de ça, je sais que mon jeu a pris beaucoup de maturité depuis un an, mes sons s'étant beaucoup améliorés. Mais, il me reste beaucoup de travail à faire au niveau de la posture et de l'aisance, étant un peu crispé...Quoique la fatigue de ma semaine y est pour quelque chose aussi!

Je m'estime privilégié de pouvoir évoluer, à la fois en tant que prof et élève, entouré de personnes aussi riches de coeur et de talent. Le chemin parcouru est jalonné de moments incroyables, j'ai bien hâte de voir vers quoi il se dirige...

lundi 7 janvier 2008

La clé dans le contact

Ça y est! 2007 est officiellement derrière nous! J'espère que vous avez bien profité de vos vacances en famille, ou avec vos amis...Pour ma part, j'ai décidé de vraiment décrocher, en étant un peu partout dans la province, de Gatineau à Mont-Laurier...J'en ai profité pour me ressourcer, refaire mes forces, reprendre goût au plaisir de jouer de la percussion en m'accordant un véritable sevrage...J'ai vraiment hâte de voir ce que 2008 me réserve comme surprises...Et ça, il y en aura vraiment tout plein, j'en suis convaincu!

Comme c'est le début d'un nouveau cycle de 366 jours (si vous ne le saviez pas, 2008 est une année bissextile), j'ai cru bon vous dresser un bilan de mon année 2007 en vous listant les billets sur mon blogue qui témoignent des moments forts de cette dernière année.

JANVIER

FÉVRIER

MARS

  • La première intervention avec les fameux tubes musicaux, où on a constaté qu'il ne suffit de pas grand chose pour créer une magie et une joie collective chez des gens qui n'ont pas l'habitude de jouer des rythmes.
  • La Journée des Maîtres du mois de mars, où j'ai eu la chance de jouer avec Linda Thalie et jammer aux sons des beats électroniques de maître Alain Vinet, DJ et directeur musical du Cirque du Soleil. Hallucinant !!
  • Le Psyshow 2007, où j'ai eu la chance de partager avec deux très bons amis là scène du mythique Club Soda pendant 10 minutes...Juste pour ce trip, ça n'a pas de prix.

AVRIL

  • Les premiers examens de ceinture jaune où j'avais le mandat d'évaluer les étudiants. Jamais je n'oublierai l'éclat dans les yeux des étudiants qui ont réussi cette exigeante évaluation, ce fut mon salaire pour le restant de l'année.
  • Le gala Femmes et Cinéma, où nous avons monté avec Luc Boivin un concept complètement sauté où nos djembés étaient éclairés avec des spots lumineux de couleur, et où la créativité dépassait les limites.

MAI

  • L'intervention corporative à Magog avec l'équipe de la mairie et des bénévoles. Plus de 500 personnes jouant avec les tubes...Pour les sons et la couleur, ça méritait vraiment le détour!
  • Cette fameuse soirée où, par les premières chaleurs de l'été, j'ai eu une drôle d'anecdote à raconter dans le métro de Montréal...

JUIN

  • La rencontre extraordinaire avec le grand maître du djembé Mamady Keita. Cette rencontre restera à jamais gravée dans ma mémoire. Sans lui, personne ne saurait à quel point il y a une richesse qui se cache dans cet instrument...
  • Le spectacle complètement sauté au Colisée de Québec devant 10 000 personnes en délire avec François Morency. Pour le trip de jouer du AC/DC sur une immense scène avec les lance-flammes et accompagner le band de Belle et Bum ! ROCK ON!
  • Notre prestation télé à Des Kiwis et des Hommes...Non pas pour l'émission en tant que telle, mais pour la qualité du talent créatif dont nous avons fait preuve sous la direction de notre maestro, Pat Dugas !
  • C'est en juin où j'ai été promu comme prof assistant officiel des cours débutants à Samajam...Jamais je ne vais oublier ce moment-là!

JUILLET

  • Le fameux grand atelier d'été à Mont-Laurier restera le moment fort de l'année en terme de lâcher-prise et d'énergie. Des rencontres inoubliables dans une région splendide! Quoi demander de mieux !
  • La nuit magique à déambuler dans les rues de Montréal pour le spectacle grandiose du Carnaval Juste pour Rire! Une soirée parfaite devant 300 000 personnes, c'est pas tous les jours qu'on peut vivre une telle nuit !
  • Ma participation électrisante avec le Cirque du Soleil au Palais des Congrès. Clairement mon moment fort de cette année, toute catégorie confondue. Par l'intensité du moment, la chance incroyable de partager la scène avec de tels artistes, et la magie des costumes et maquillages !

AOÛT

SEPTEMBRE

  • La rentrée d'automne, la plus intense de toute l'histoire de l'école, avec 170 personnes endiablées au cours Débutant 1. Une soirée complètement démentielle avec un intense trip de gang au tambour.

OCTOBRE

NOVEMBRE

  • Le plus grand événement corporatif de l'année après celui du Colisée en juin, c'était chez Rona avec 400 paires de bottes pour faire du Gumboots. Complètement délirant, et c'était ma deuxième participation avec le band de Belle et Bum !
  • Le week-end de paix et de lâcher-prise à Sacacomie...Quelle extraordinaire endroit ! Super belle découverte ! Et un maudit beau moment entre amis. Jamais je n'oublierai le jam avec en arrière plan le paysage à couper le souffle !
  • Mon deuxième cours en tant que prof officiel à Samajam a témoigné et confirmé haut et fort que j'ai enfin trouvé ma place...Une sacrée belle place !
  • Le fabuleux party du lancement de la troupe Samajam. Quelle soirée avec le jam de nuit jusqu'à 6h le matin et la soirée dansante aux sons de la musique d'Alain Vinet ! Et quel show incroyable donné par les élèves !!

DÉCEMBRE

  • La prestation télévisuelle à L'Heure de Gloire restera longtemps dans ma mémoire également. C'est tellement impressionnant de voir les rouages d'un show de télé d'une telle envergure ! Et on a livré une excellente performance !
  • La soirée portes ouvertes à Samajam...Définitivement un autre moment fort de mon année, où j'ai été témoin de l'éclosion de talents absolument incroyables. Deux soirées, une africaine, l'autre brésilienne/latino/maghrébine qui ont attiré pas moins de 700 personnes dans les murs de l'école. Une belle réussite !

Après un temps des Fêtes plus que mérité et où j'ai eu la chance de bien décrocher, je remets la clé dans le contact pour repartir la machine. Le chemin devant moi pour 2008 s'annonce encore une fois très riches en événements !

Et c'est reparti !

mercredi 12 décembre 2007

La porte est ouverte...

Ça y est...j'écris ces lignes et je me dis: « Le sort en est jeté... ». J'ai contribué à ouvrir la porte à quelques dizaines d'élèves qui, voilà trois mois à peine, n'avaient aucune idée de ce qu'était le monde fascinant du tambour africain. Ce soir, c'est leur tour de prouver à leur famille, à leur amis, à leur collègues ce qu'ils ont si bien appris au cours des treize dernières semaines.

Ça me rappelle le tout premier spectacle que j'ai fait avec Samajam il y a de cela pas si longtemps...Je sentais s'ouvrir devant moi des portes donnant sur un monde totalement imprévisible, nouveau, empreint de mystère et très, très énergisant. J'espère de tout coeur que ce soir, mes élèves repartent avec le sentiment d'avoir franchi cette porte. Qu'ils s'amuseront fermes et qu'ils plongeront à deux pieds.

Mais, je ne suis pas trop inquiet du résultat. Hier, en répétition, ils étaient solides. Bien entendu, il reste une multitude de petits points à corriger, mais on ne peut pas être parfait du premier coup. Ce soir sera pour moi une soirée très émotive, mémorable, car elle marque le point culminant d'une première session aux commandes d'un groupe d'apprenti musiciens....Et quel groupe! Vous êtes les meilleurs et je vous adore! Chapeau! xx