mercredi 27 juin 2007

Le bras droit

Depuis maintenant trois semaines, je suis devenu le bras droit officiel des cours de tambour débutants à Samajam. Pour être plus précis, je suis en charge du réchauffement de la classe les mardis et les jeudis soirs, chaque fois avec un groupe d'une quarantaine de personnes. Ma job consiste à faire en sorte que lorsque le prof arrive, le toit est prêt à sauter. Il faut que l'énergie monte, tout en ne mettant pas la barre trop haute tout de suite en partant. Le tambour étant un instrument où la force et l'endurance sont maîtres, on se doit d'y aller en douceur, pour aboutir à une communion où les gens sont allumés et prêts à apprendre la matière des rythmes.

L'échauffement dure une trentaine de minutes la plupart du temps. Un demi cadran d'horloge qui passe à chaque fois vite comme l'éclair. Un moment où j'ai carte blanche, le tambour du prof étant mon porte-voix. Dès que je mets les pieds dans le local, et que j'installe mes duns et j'accueille les premiers arrivants, le temps s'arrête. J'entre dans un état de lâchez-prise total, où je laisse au pas de la porte mes tracas quotidiens.

Je ne suis pas un adepte des réchauffements traditionnels. Du genre ceux qui se font pour clarifier les frappes, ou bien augmenter la souplesse. Non, je préfère de loin jammer sur les rythmes qui ont été vus auparavant. Le tout dans une atmosphère totalement neutre, sans pression, sans direction précise. Je veux juste que les élèves aient le temps de s'installer, d'attacher leur djembé, afin de faire en douceur la transition entre leur routine et son antithèse qui durera un bon deux heures.

J'aime aussi être sans filet. Je ne me prépare donc pas à l'avance pour le réchauffement. De toute façon, au nombre de fois où j'ai été présent en temps qu'élève, je commence à savoir comment un bon réchauffement se doit d'être. Il faut savoir répandre sa passion, c'est aussi simple que cela. Sans tremper dans l'exagération, il faut communiquer le goût de jouer à ceux qui, dans quelques minutes, goûteront à la sagesse et à la richesse des rythmes africains.

Je commence donc en douceur à jouer un accompagnement de rythme que les élèves veulent jouer. Puis, chacun embarque, et cela a un effet d'entraînement incroyablement puissant. Bientôt, tout en sentant la sueur perler sur mon front, j'augmente la cadence, puis je diversifie les accompagnements au travers du groupe. Et au fur et à mesure que je vois les sourires apparaître sur les visages, je sais que je fais bien mon job.

Ainsi, lorsque le prof entre dans le local, accueilli par le tonnerre du rythme d'une cinquantaine de djembés, la soirée ne peut tout simplement pas passer inaperçue. C'est le moment fort de la semaine, où on se sent incroyablement présents. Et où les aléas de la vie n'ont plus d'importance. Et après le cours proprement dit, lorsque les gens viennent me voir et me disent à quel point ils ont apprécié leur soirée et n'attendent plus que ça pendant leur semaine, je sais qu'en quelque part, le rythme est un besoin essentiel à l'être humain.  

dimanche 24 juin 2007

À la nôtre!

Je tenais à vous souhaiter à tous et à toutes une Bonne Saint-Jean! En espérant que vous allez passer cette journée en famille ou entre amis, avec bien entendu une bonne bière glacée à la main!

Cette année, pour ma part, je ne file vraiment pas «bain de foule», et je ne suis vraiment pas chaud à l'idée de me retrouver en plein milieu d'une foule de 200 000 personnes, comme aux Plaines à Québec la nuit dernière. En plus que la météo est complètement chamboulée, avec un gros 8 degrés hier soir...En tout cas.

Non, cette année, je préfère axer la Saint-Jean sur un rapprochement en famille et entre amis proches, autour d'un bon BBQ et une quantité juste assez bonne de houblon. Comme quoi la Saint-Jean peut très bien être soulignée intimement, amicalement, sans flafla et surtout, sans spectacle qu'on sort des boules à mites année après année et qui ne se renouvèle pas assez à mon goût.

À la nôtre chers amis!

vendredi 22 juin 2007

Des kiwis et des tambours

MISE À JOUR (27/06/07)

Voici en vidéo notre prestation à l'émission Des Kiwis et des hommes diffusée lundi dernier. Un bon moment de créativité musicale, gracieuseté de Pat Dugas et de la troupe Samajam. Bon visionnement!

Par un beau matin ensoleillé, je me dirige vers le marché Jean-Talon, où dans quelques minutes, je ferai un autre enregistrement télévisuel à l'émission Des Kiwis et des hommes en compagnie des deux animateurs, Francis Reddy et Boucar Diouf. En sortant du métro, je croise Karina et Alexandra, puis nous marchons jusqu'au point de rendez-vous sur la rue Henri-Julien. Peu à peu, la troupe d'une quarantaine d'élèves de Samajam se réunissent, et tous ont comme d'habitude le sourire. Les équipes techniques s'affairent à installer les caméras, micros et les éclairages.

Lundi dernier, nous avons monté une pièce et répété avec Patrick Dugas. Sa maîtrise et son talent de directeur ont fait en sorte qu'en deux heures à peine, nous avons monté une pièce musicale avec calebasse, tama (ce petit tambour qui se tient à l'épaule et qu'on appelle aussi talking drum), darbouka, cajòn, djembés, congas, surdos, cloches, snares et tamborin. Un bon quatre minutes de rythmes autour du monde.

En attendant d'immortaliser la pièce sur pellicule, nous patientons en plein coeur du marché. Et c'est à ce moment précis que je comprends pourquoi qu'à chaque fois que je regarde cette émission, je me surprends à me dire que c'est trop relaxe, zen, décontracté. C'est l'atmosphère du marché qui ne peut en faire autrement! Il y a tellement d'odeurs savoureuses de légumes, de fruits frais, de fleurs. Ça sent le terroir, notre terroir à plein nez. Ajoutez à cela les gens qui magasinent, les petits enfants qui apprennent à marcher, la bonne humeur est contagieuse et ne nous quitte plus.

Bientôt, Boucar vient nous souhaiter la bienvenue avec son grand sourire. Vraiment, je savais qu'il était sympathique, mais je constate que nous sommes attendus depuis longtemps, comme si nous serions le highlight de la semaine. Contrairement à Caféine la semaine dernière, je sens tout de suite que nous ne sommes pas seulement là pour le décor. Ça aide à crinquer tout le groupe pour délivrer une meilleure performance. Puis, c'est au tour de Francis de venir nous souhaiter la bienvenue. Il me fait tellement rire, il est exactement pareil, peu importe si les caméras sont allumées ou non. Toujours enthousiasmé pour dix, munis de deux bouquets de fleurs à la main, essouflé car il doit se dépêcher à remonter à l'étage sur le plateau, il cherche ses mots mais sa gestuelle et son expression du visage transmet assurément mieux son message que ses paroles. Oui, on est aussi content que toi Francis d'être là!

La prochaine demi-heure est assez technique. La régisseure de plateau, muni de son casque d'écoute et de son pad, vient nous expliquer le déroulement de l'enregistrement. Première prise où on teste les déplacements de caméra. Deuxième prise où on teste les micros et le son. Et la troisième véritable prise. En tout, notre bloc dure dix minutes, soit deux minutes où Boucar parle avec Francis des origines des tamtams, suivi de notre prestation, et finalement l'entrevue avec Louis sur l'école.

Après de longues minutes où tout le monde se mord les doigts pour résister à la tentation de jouer de leur instrument, l'équipe de caméraman et de techniciens reviennent pour filmer notre segment de l'émission. Et je réentends à nouveau le fameux: «Standby, dans 5...4...3...2...1...». De ma position, je dois me retourner vers la droite pour voir Boucar parler avec Francis des origines des percussions africaines. Puis, c'est à nous! Pat donne le cue à Moïse et celui-ci se met à jouer un groove absolument contagieux sur sa calebasse, puis Cheick Anta embarque avec son tama. Ensuite, tout va très vite. Pat nous donne le cue, à Nanci, Dunia, Christiane et moi, apprentis drebkis que nous sommes, pour partir le rythme de maqsoum à la darbouka. Ensuite viennent les palmas (taper des mains), puis les cajòn, et les congas. Par la suite, Pat fait un nouveau cue pour stopper le rythme abruptement pendant une mesure, puis ensuite, il y a une explosion de bruit et de rythme quand la troupe brésilienne se rajoute avec les djembés. Francis est aux anges, Boucar a le sourire fendu jusqu'aux oreilles, nous avons de nouveau épaté la galerie.

L'entrevue avec Louis se fait dans la plus complète convivialité, Boucar lui posant les questions habituelles sur l'école, les cours, les spectacles, ainsi que sur le grand atelier d'été. Francis pendant ce temps écoute avec attention, si ce n'est pour intervenir pour poser une question anodine mais que j'ai trouvé impressionnante par sa réponse: «Pour le fun, là, combien y-a-t-il de pays représenté dans votre gang?» Sénégal, Togo, Québec, Brésil, Liban, France, Portugal, Italie...et j'en passe!

L'enregistrement s'est déroulé vraiment vite. Sans le moindre anicroche. Tout en une seule prise. On devient sérieusement de plus en plus solides dans nos prestations. Et ça tombe bien, parce qu'avec l'été qui commence, on ne devrait pas perdre notre groove, loin de là! Je vais garder un bon souvenir de cette expérience télévisuelle...Des kiwis et des tambours! Haha!

P.S.: L'émission est diffusée lundi, le 25 juin, à 9h AM sur le réseau de la SRC, en reprise le même jour à 23h30.

jeudi 21 juin 2007

Rencontrer un kiwi

Vraiment, juin est le mois du "jetsettisme" (ouf, pense pas que ça se retrouve dans le dictionnaire ça...). Après avoir fait une virée au Colisée de Québec où j'ai rocké la place devant 9000 personnes, puis être assez maso pour me lever à 4h du matin afin d'être sur le piton pour jouer du djembé dès 7h le matin à Caféine devant Anouk et Gildor, voilà que cette semaine, c'est au marché Jean-Talon que je vais, rencontrer Francis Reddy alias "Pete-devenu-Kiwi" et son acolyte (beaucoup moins fou que Jean-Nicolas Verreault faut l'avouer), Boucar Diouf.

Nous serons donc une vingtaine d'élèves de Samajam à jouer de la percussion dans différents segments de l'émission Des kiwis et des hommes. J'ai une pratique demain soir où nous allons monter le numéro, et sans aucun doute, l'enthousiasme sans borne de Francis Reddy viendra à coup sûr garantir le succès de notre passage. L'émission, enregistrée jeudi, sera diffusée ce vendredi, 22 juin, à compter de 9h ce lundi 25 juin, à compter de 9h. J'essaierai de mettre la main sur l'enregistrement!

mercredi 20 juin 2007

Article sur l'École d'été de Mont-Laurier

Je viens de tomber sur cette photo de notre petit groupe à Samajam qui a été récemment faire un tour à Mont-Laurier pour inaugurer la saison 2007 de l'école d'été de la municipalité. Si vous voulez en savoir plus sur cet événement auquel Samajam participera en grande pompe, consultez l'article du journal local l'Écho de la Lièvre ainsi que le site officiel de l'École d'été. Bonne lecture!

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