mercredi 27 février 2008

Le Noir dans le Blanc

Autre extraordinaire soirée de musique et de rythmes ce soir à Samajam. Franchement, je ne réalise vraiment pas que la mi-session soit atteinte déjà, mais en même temps, avec tout le chemin parcouru avec notre nouveau cours de Débutant #3, on ne peut pas demander mieux! Quelle belle évolution!! J'ai eu la sensation, assis derrières les duns, de partir en voyage, de quitter définitivement le local et de m'affranchir de la tempête qui prenait naissance à l'extérieur, tellement l'intensité et la beauté du rythme africain était palpable.

Je ne peux pas dire avec certitude pourquoi, mais ce soir, j'ai ressenti une grande émotion qui, aux travers de mes gouttes de sueur inondant mon visage, a fait jaillir certaines larmes de joie. J'aurais beau vous décrire blanc sur noir, dans cet espace virtuel, la raison d'être de cet état affectif, je ne peux pas vous le décrire. Des fois, il faut être présent de corps et d'esprit pour vivre le moment...

Chose certaine, quand notre cher ami Cheick Anta, venu s'immiscer dans le cours de ce soir, s'est mis à chanter de lui-même par-dessus le rythme qui jaillissait des tambours, et qu'il ne semblait plus vouloir s'arrêter, alors c'est signe qu'en quelque part, une bande de Blancs Québécois arrivent à faire sortir un peu de Noir qui sommeille en chacun d'eux-mêmes.

vendredi 22 février 2008

Soir d'éclipse

Il y a toujours eu, depuis que j'ai l'âge adéquat pour être en mesure de m'en rendre compte, une espèce de sensation spéciale et palpable lorsque les astres s'alignent dans le cosmos pour donner naissance aux éclipses. Mercredi soir ne faisait pas exception à cette règle. D'autant plus que la Lune était pleine et majestueuse lorsque je suis sorti du métro pour marcher vers l'école de percussions.

Le cours s'est déroulé drôlement ce soir là. Le groupe est timide, les gens sont plus lents que d'habitude à plonger, à se détacher de leur journée pour profiter d'un relâchement hebdomadaire rendu plus que nécessaire. Mais, peu à peu, la tendance s'inverse, si bien que, à la fin de l'heure et demie, l'atmosphère électrisante du local a vite fait de remettre les pendules à la bonne place.

Le mercredi soir étant la fameuse soirée où les élèves se regroupent pour aller prendre une bonne bière avec poutine au bar La Quincaillerie, nous sortons dans la nuit glaciale hivernale. Dès que je mets le nez dehors, je scrute le ciel pour apercevoir la Lune qui a déjà commencé à s'envelopper de son manteau ombragé. La nuit est splendide, belle comme l'astre qui l'éclaire, son froid mordant rappelant de jolie façon qu'il faut se couvrir.

Durant le trajet menant au bar, j'essaie tant bien que mal de regarder à travers les vitres de la voiture pour être témoin de l'avancement de l'éclipse. C'est fou comme ça apparaît anodin, mais c'est plus fort que moi. Nous sortons de l'auto et j'ai encore la tête en l'air pour ne rien manquer du spectacle. Mais, l'appel de la bière étant ce qu'il est, et le froid commençant vraiment à pénétrer mon squelette, je m'engouffre à l'intérieur pour me réchauffer.

Plus tard, alors que je m'aperçois que l'heure avance, je décide d'aller me jucher en plein milieu du couloir du bar, là où est situé un puit de lumière juste assez grand, placé au parfait endroit, puisque la Lune est maintenant située juste au-dessus. Nous sommes bientôt une dizaine d'huluberlus à regarder en l'air en plein milieu du bar, ne disant aucun mot, seulement là à contempler une merveille de la nature, pendant qu'un temps indéfini passe.

L'étroitesse du puit de lumière ayant permis de voir le maximum de ce qu'il était possible de voir de l'intérieur, je me surprends à mettre mon manteau et à sortir à l'extérieur pour admirer le point culminant du spectacle. J'ignore combien de temps je suis resté là à admirer le manteau orangé de la Lune, mais je me suis dit à ce moment précis qu'il y avait de bien belles choses qui existent dans ce monde...La musique, et le ciel...Je venais de vivre une soirée musicale totalement énergisante grâce, en quelque part sans l'ombre d'un doute, à cette prouesse de la nature, et j'étais entouré par des personnes qui me sont chères pour partager ce moment. Sans trop m'en rendre compte, je laissais mes yeux s'humecter de larmes dues au froid extrême, mais aussi, bien humblement je dois le dire, au caractère solonnel et émotif de la scène.

Oui, définitivement, les éclipses possèdent un je-ne-sais-quoi de magique...

mercredi 20 février 2008

La fovéa

Je reviens ce soir d'un formidable cours où j'ai enseigné à une vingtaine d'étudiants. Complètement énergisé, j'ai peine à trouver le sommeil (vous n'avez qu'à jeter un oeil sur l'heure de publication de ce billet). Et pour cause, puisque le groupe a dépassé ses limites. Atteint de nouveaux sommets en terme de jeu et de qualité d'écoute. C'est tellement énergisant que je ressens encore les molécules d'adrénaline serpenter dans mes veines.

J'avais comme mandat ce soir de paufiner le rythme du tiriba que nous avons décidé Éric et moi d'enseigner cette session-ci. Formidable rythme ternaire, le tiriba est aussi un rythme complexe à sentir. En percussion, "sentir le rythme" est l'expression qui désigne la manière dont il faut interpréter la séquence de frappes formant l'unité rythmique. Par exemple, certains rythmes, comme le kassa, se joue de façon très carrée et très lourde, chaque frappe étant bien centrée par rapport aux références de temps. Pour le tiriba, c'est exactement l'inverse. Les frappes sont plus aériennes et tombent entre chaque référence de temps. Il est donc au début bien difficile de bien sentir le rythme et d'imbriquer les accompagnements les uns avec les autres.

Et pourtant, ce soir, alors que j'étais en plein centre du grand cercle formé par les élèves, mettant en place chacun des trois accompagnements, quelque chose qui me dépasse (et que je n'arriverai jamais à complètement saisir d'ailleurs) s'est produit. Des fois, j'ai été témoin de tentatives infructueuses d'arriver à agencer les accompagnements pour que le rythme puisse naître. Des cours complets à réessayer et réessayer la même chose, sans relâche. Et ce soir, presque du premier coup, le rythme a jailli comme le polichinelle sort de sa boîte. Chaque note au tambour était parfaitement synchronisée dans le temps.

Je ne peux vous décrire en mots la beauté et l'intensité de ce moment de grâce. Ce soir, en étant au centre du cercle, j'entendais en parfaite harmonie la magie du rythme. Le résultat d'un fabuleux travail d'équipe, où chacun y mettait tout son coeur et toute son énergie. Au centre de ce grand cercle, j'étais placé à sa fovéa, le nom donné à la zone de la rétine de l'oeil où les rayons lumineux convergent pour former l'image la plus précise possible. J'entendais autour de moi le résultat le plus précis possible du rythme, je sentais vibrer en moi chacune des ondes provenant des peaux de djembés, et j'avais dans la tête une pleine conscience de vivre un moment unique de joie et de bien-être.

mardi 19 février 2008

Mon blogue sur le portail culturel du Canada!

Quelle ne fut pas ma surprise ce soir de voir mon blogue apparaître dans la section Blogues recommandés par culture.ca, le portail web de la culture du gouvernement du Canada !

Wow, j'en suis flatté! Je ne connaissais pas du tout l'existence de ce portail, mais j'avoue que je vais l'explorer sérieusement, l'initiative est fort louable. Je l'ajoute d'ailleurs tout de suite dans ma liste de sites intéressants.

Voici ce qui est écrit à propos de ce portail:

Culture.ca, le portail culturel du Canada, est une initiative du ministère du Patrimoine canadien dans le cadre de la Stratégie sur la culture canadienne en ligne. Élaborée en collaboration avec des partenaires des secteurs public et privé, Culture.ca a pour objectif d'engager les Canadiens à l'égard de la vie culturelle en favorisant l'accès, dans les deux langues officielles, à des contenus culturels canadiens de qualité.


Je suis bien heureux de pouvoir contribuer, à ma façon, à la diffusion de la culture africaine et des autres peuples à travers la percussion! Quel fabuleux moyen que de s'ouvrir aux autres nations !

dimanche 17 février 2008

Comment acheter un bon djembé ?

Comme premier article de la série "Comment jouer du tambour ? " de 2008, je vais répondre à une question qui m'a été demandée à plusieurs reprises par des élèves de l'école et par des lecteurs de mon blogue. Quelle est la procédure à suivre pour acheter un djembé de qualité, qui va produire de beaux sons, et qui ne coûtera pas trop cher ? Où vais-je trouver la perle rare ? Ces questions ne sont certes pas faciles à répondre, et il n'existe pas vraiment de réponses définitives et exhaustives. Cependant, je peux certes vous aiguiller en vous donnant quelques trucs et conseils sur l'achat d'un djembé.

Le son, d'abord et avant tout!

Avant toute chose, il est essentiel d'avoir cette prémisse en tête lorsqu'on magasine un djembé:

Un djembé de qualité doit d'abord et avant tout produire de façon claire les trois sons de base.

Souvent, en conseillant certaines personnes qui se cherchaient un premier tambour, j'ai souvent dû leur expliquer que l'aspect esthétique, souvent invoqué en premier lieu, était en fait le dernier critère sur lequel se baser pour choisir un djembé. Il faut donc faire abstraction de l'aspect visuel de l'instrument et prendre le temps de frapper la peau et d'entendre les différents sons. Tout de suite, de façon instinctive, votre oreille aimera ou n'aimera pas le son. Si l'instrument ne produit pas assez de volume, s'il y a trop d'harmoniques (les aiguës de la claque sont trop présentes), si le son est trop grave, etc..., mieux vaut laisser cet instrument de côté.

Assis ou debout ?

Le deuxième critère à prendre en considération lors de l'achat d'un djembé est la posture. Allez-vous jouer plus souvent assis ou debout avec votre instrument ? Cette question est primordiale, car le bois composant le fût de l'instrument peut être très lourd ou très léger.

À ce propos, les djembés sénégalais sont ceux dont le bois est le plus dense, donc ils sont très lourds. Il faut donc opter pour ce type de djembé si vous pensez jouer la plupart du temps assis. Les djembés provenant du Sénégal ont également un cerclage plus proéminant, c'est-à-dire que les noeuds du cordage font saillie sur le rebord de la peau de chèvre. Ce n'est pas le type de djembé à conseiller à ceux qui débutent, puisque très vite, vous risquez de vous blesser les mains inutilement.

Les djembés de type malinke ou guinéen ont l'avantage d'être sculpté avec un bois dense mais très léger, ce qui permet de pouvoir jouer debout pendant de longues périodes. Leur désavantage par contre est le prix; ils sont assez dispendieux, mais en général, de très bonne qualité, produisant un son clair avec une belle peau de chèvre semi-rasée. Ils ont aussi la caractéristique d'avoir une base très évasée, leur conférant une basse très ronde et persistante.

En magasin, demandez au vendeur de vous fournir une courroie pour pouvoir essayer de jouer dans les deux positions afin de voir si vous êtes à l'aise. En même temps, testez différents types de courroies (coussinées ou non, courroie de taille ou aux épaules, etc), afin maximiser votre confort.

Les éléments visuels à regarder

En plus du son et de la posture, différents éléments sont à examiner attentivement lorsqu'on achète un djembé.

  • Le fût. C'est l'élément essentiel de l'instrument, il s'agit du bois sculpté composant le corps du djembé. Examinez attentivement son allure afin de détecter toute imperfection. Des craques, des failles ou des trous peuvent compromettre le son et sont souvent des indices d'un défaut de fabrication à ne pas négliger.
  • La peau. Évidemment, même si le fût est d'excellente qualité, le son qui en sortira ne sera jamais aussi riche que si une peau de chèvre de qualité soit apposée dessus. Vérifiez que la peau ne soit pas trop mince, qu'elle soit installée de façon adéquate (la colonne vertébrale, soit le pli longitudinal de la peau, se doit d'être la ligne de démarcation centrale du cerclage), et que son rebord ne présente pas déjà des égratignures ou des signes de fatigue (trous, replis, bosses ou creux, etc.).
  • Le cordage. En regard avec la peau, la meilleure peau de chèvre possible apposé sur le meilleur fût ne pourra produire un son optimal que si le cordage et le tressage soit de qualité. Ici, je ne suis pas très familier avec les différents styles de cordage, mais la corde doit être assez épaisse et ne doit pas avoir de signe d'usure prématurée telle que des effilochures. Regardez les mailles (les noeuds présent tout le tour du cerclage) et notez s'il sont assez tendus. Finalement, regardez la tresse au bout du cordage et vérifiez qu'elle soit bien lassée pour éviter une détente prématurée de l'ensemble de la corde.
  • Le diamètre du fût. Il existe une panoplie de djembés sur le marché possédant divers types de diamètre. Il est important de voir à ce que le djembé ne soit pas trop de petite dimension car plus le djembé est petit pour vos mains, plus il sera difficile d'en tirer des sons de qualité. Pour vérifier le diamètre, si vous apposez vos deux mains en «pointe de tarte» sur la peau du djembé, elles doivent grosso modo occuper le tiers de sa surface. Pour un adulte, en moyenne, un diamètre de 12 ou 13 pouces est adéquat.
  • Les points de contact. Cet élément est surtout pertinent si vous planifiez de jouer debout. En plaçant le djembé avec une courroie dans cette posture, regardez attentivement si le fût entre en contact avec vos mollets et votre taille. Si c'est le cas, bougez un peu de gauche à droite et vérifiez s'il y a du frottement. J'ai déjà vu des élèves sortir des cours avec des ecchymoses assez prononcées car le djembé était inadéquat pour leur posture, frottant constamment sur leurs jambes. Évidemment, en position assise, ce problème s'élimine d'emblée. Par contre, il va falloir prendre en compte la surface sur laquelle repose la base du fût. Il faut que cette surface soit antidérapante pour éviter que l'instrument ne bouge sans arrêt. Certains djembés auront des capuches en caoutchouc à leur base pour remédier au problème. Sinon, munissez-vous d'un tapis ou d'une serviette pour vous assurer de ne pas égratigner votre djembé ou votre plancher !

Tambour à corde ou à clé ?

Deux types de djembés existent en Amérique du Nord. Les tambours à cordes, la plupart du temps importés directement d'Afrique et les tambours à clés, usant d'une quincaillerie comme système de tension de la peau. Au Québec, le pionnier dans ce dernier type de tambour est sans contredit Michel Ouellet, fondateur de l'entreprise Moperc. Cette petite compagnie fabrique des tambours de tous les styles en utilisant des systèmes de clés pour tendre la peau, ce qui leur confère des avantages indéniables quant à leur rapidité à calibrer le tambour pour s'assurer d'obtenir un son idéal. Ce tambourier utilise le frêne comme matière première pour le fût, respectant les normes traditionnelles de fabrication des djembés.

Si vous vivez dans un endroit où il règne beaucoup d'humidité, et où le climat est très variable, comme ici, au Québec, si vous transportez fréquemment votre instrument, et si vous êtes rétissant à défaire le cordage d'un djembé traditionnel, optez pour ce genre de tambour. J'ai commencé moi-même à jouer avec un tambour Moperc et je n'ai certes pas été déçu. Ils sont vraiment très bien fabriqués, si ce n'est de la peau que je trouve trop rasée et trop mince. Mais, cela ne pose aucun problème si vous débutez dans l'apprentissage du djembé.

Où acheter ?

Cette question n'est pas facile à répondre, puisque la plupart des magasins d'instruments de musique sont généralistes et n'offrent pas un choix exhaustif de tambours africains. Souvent, les djembés sont de piètre qualité, trop petits, ou fabriqués avec des matériaux inadéquats ou synthétiques. C'est pourquoi il faut user de parcimonie dans le choix offert dans les grands magasins. Certes, un vendeur qui est percussionniste et qui joue toujours (ou qui a déjà joué) d'un instrument tel que le djembé va grandement vous aider, en vous mettant en confiance. Osez toujours demander ce que le vendeur du commerce connaît dans le domaine. Examinez son attitude, son "non verbal".

Si vous pensez un jour suivre des cours de percussions, aller jeter un oeil dans les écoles de percussion, si vous en êtes capables. Garanti que vous recevrez des conseils plus précis et qui répondront mieux à vos besoins. Les écoles offrent souvent des rabais sur les tambours africains si vous y êtes inscrits. Si vous faites affaire avec un commerce au détail, assurez-vous que la garantie est adéquate. Elle est généralement d'une durée d'un an, excluant la peau, puisque le fait de frapper dessus est considéré comme de l'usure normale. N'oubliez pas aussi que le fait de frapper la peau va, inexorablement, causer un jour où l'autre sa déchirure, et qu'il faudra penser à la remplacer...

Combien ça coûte ?

Encore là, cette question n'est vraiment pas facile à répondre de manière concise, tout dépend des matériaux et du talent du tambourier. De façon générale, les tambours indonésiens sont moins dispendieux, alors que les djembés guinéens sont beaucoup plus chers, à cause de la rareté de leur bois, qui est soit dit en passant en voie de disparition. Les djembés de type Moperc sont aussi assez dispendieux, mais leur qualité et leur son en font d'excellents tambours pour apprendre à jouer et façonner les mains aux aléas de la percussion.

Si vous êtes débutants et chercher à plonger dans le monde de la percussion et du djembé africain, je vous conseille fortement d'opter pour un djembé qui est à un prix légèrement au-dessus de votre budget. Aux alentours de trois-cents dollars minimum, vous allez avoir un djembé résistant et de bonne qualité. Certes, il en existe de moins dispendieux, mais par expérience, la clarté et la facilité à produire les sons de base sont beaucoup moins évidentes à reproduire, d'autant plus qu'il faudra tendre la peau plus souvent qu'autrement.

N'oubliez pas qu'un djembé ne peut être acheté seul ! Investissez aussi un bon montant d'argent pour la courroie (environ 35$) et l'étui (environ 50$). Ces deux accessoires sont essentiels pour garantir une posture adéquate et bien sûr, protéger l'instrument de l'environnement extérieur lors du transport, d'autant plus que le djembé est extrêmement fragile aux variations de température.

Le plaisir de jouer

Pour terminer, je reviens encore sur l'importance des sons. Si votre djembé ne peut produire les trois sons de base (basse, tonique, claqué) de façon claire, vous allez très vite vous décourager de jouer de cet instrument, en ayant la fausse croyance de ne pas progresser suffisamment, ce qui est totalement faux. De plus, un djembé de bonne qualité durera longtemps, et plus vous jouerez avec le même tambour, plus vos mains s'adapteront à votre instrument, vous permettant ainsi de progressez plus rapidement.

Bon magasinage!

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