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mardi 3 juin 2008

Une pyramide de tambours

J'ai reçu ce vidéo fort original d'une amie sur Facebook et je tenais à vous le faire partager. Il s'agit de la candidature de Shawn Thériault, percussionniste animant des ateliers pour un organisme à Saint-Jérôme, à l'émission Que feriez vous pour mille piasses diffusée sur les ondes de TVA (au Québec). Ce qui est pas mal spécial dans sa prestation, c'est la disposition des six djembés, et la façon qu'il s'y prend pour en jouer. Bonne chance Shawn!

mercredi 28 mai 2008

Le hang, un instrument fascinant

Je suis tombé ce week-end sur un vidéo montrant un percussionniste s'adonner à une improvisation fascinante avec un instrument que je n'avais jamais vu auparavant. En forme d'ovni, tout en métal, le musicien y frappait la coque et selon l'endroit où il frappait, il sortait de l'instrument des notes très belles, très mélodieuses. C'est ainsi que j'ai fait la connaissance du hang, tout nouvel instrument qui réinvente à nouveau le domaine des percussions.

Avant d'aller plus loin, voici une image de quelques hanghang (hang au pluriel).

L'instrument a été conçu en 2000 par deux musiciens suisses, Félix Rohner et Sabina Schärer, à Berne. Le mot « hang », en bernois, signifie « main », d'où l'appellation de l'instrument qui se joue avec les mains. Le hang est le fruit de 25 années de recherche en accoustique et en métallurgie. Ce qui est très étonnant en regardant un hang, c'est sa simplicité. Deux dômes de métal en acier juxtaposés forment la caisse de résonance. L'instrument comporte 9 notes, chacune étant générée très précisément par les huit renflements circulaires situés sur le pourtour de la paroi et par la protubérance au sommet (qui correspond à la note la plus grave). Le demi-dôme qui contient toutes ces notes correspond au côté Ding de l'instrument, alors qu'en dessous, l'autre dôme comporte un trou central qui fait penser à un udu. On appelle ce côté le Gu. Plusieurs types de hang existent, chacun ayant été précalibré selon une gamme de notes précises.

Le hang se joue idéalement assis, l'instrument reposant sur les cuisses et les genoux, à l'horizontale. Il suffit pour le musicien de taper la paroi aux endroits appropriés pour générer les notes. En frappant dans les zones jouxtant les renflements, le son correspond à la note parfaite. Plus on s'éloigne de ces zones, plus les harmoniques seront persistantes, si bien que plusieurs types de sons peuvent être générés avec l'instrument. En utilisant une technique de frappe s'apparentant au darbouka et au tabla, on peut générer des sons plus secs, plus étouffés, avec moins d'harmoniques que si on frappe librement sur l'instrument. On peut également se servir du côté Gu comportant la grande ouverture pour jouer de la même façon qu'un udu, à défaut de ne pouvoir générer cette fois-ci qu'une seule note avec ses harmoniques.

Malheureusement, le hang ne se vend pas à grande échelle, les créateurs ayant délibérément décidé de se concentrer sur la très grande qualité de leur instrument plutôt que sur une mise en marché plus globale. Il faut donc écrire directement (par la poste ou par fax) auprès d'eux pour s'inscrire à une liste d'attente, et souvent, plusieurs mois sont nécessaires afin de pouvoir mettre la main sur un hang. Le prix est d'environ 1500$ à cause de l'infinie précaution et minutie dans la fabrication du dôme servant à générer les notes. À noter qu'aucun site web officiel ni adresse courriel n'existe sur les créateurs et l'instrument.

Pour vous montrer la très grande beauté de la musique créée avec un hang, voici deux vidéos d'improvisation que j'affectionne particulièrement. Bonne écoute!

Listes de liens pertinents sur le hang

mercredi 21 mai 2008

Jouer du darbouka au Club Soda!

J'ai enfin mis la main sur la copie vidéo de notre fameuse prestation lors du Psyshow 2007 de l'an dernier, spectacle des étudiants du bac en psychologie qui a eu lieu au Club Soda. J'ai accompagné au darbouka mon amie Annie, qui a magnifiquement bien chanté, et mon ami Jérôme, guitariste de talent. Revoir ces images me rappelle de très bons souvenirs! Suivez le lien ci-dessus pour lire le récit de cette superbe soirée!

jeudi 15 mai 2008

Recette de percussion culinaire

Lors du dernier Gala Artis, il y a eu un fabuleux numéro de percussions mettant en scène des instruments de cuisine. Poêles, fours, bols, assiettes, casseroles, verres, pots d'huile, sachets de nouilles, etc...Tout y était. Et tout cela, orchestré de superbe façon par Luc Boivin, a donné un percutant numéro de cuisine. Si toutes les émissions culinaires étaient comme ça, je vous laisse imaginer la réaction de Ricardo ou Daniel Pinard...

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dimanche 13 avril 2008

Prestation du djolé et du soko en intégral

Je vous mets ici notre prestation intégrale de la semaine dernière, avec le groupe avancé de l'école et Mélissa Lavergne. Nous avons performé le djolé et le soko comme rythmes. Ajoutez à cela des solos qui détonnent, et cela donne un bien bon show. Bon visionnement!

Partie 1 - Solos d'introduction et le djolé

Partie 2 - Le soko avec solos et chauffés

jeudi 3 avril 2008

Prendre sa place

Petit moment de détente ici...Comment ne pas être subjugué par ce vidéo coréen moche mettant en scène un band maison où le batteur maîtrise un petit peu trop intensément l'art de prendre sa place dans un groupe...J'en oublie la peignure de la chanteuse...

Avis aux percussionnistes ici, n'essayer pas de détourner l'attention dans une performance, cela peut se retourner contre vous...

Trouvé sur le site de Dominic Arpin

dimanche 16 mars 2008

Une grande leçon de vie...

Cette semaine, il y a eu un excellent reportage de diffusé à la télévision de Radio-Canada. Ce reportage m'a touché droit au coeur par toute la sincérité des témoignages et des images. Des élèves de 5ième secondaire se sont improvisés comme professeurs dans une petite école sénégalaise à Dakar, en Afrique, le temps de la semaine de relâche. En visionnant le topo, des souvenirs impérissables de mon expérience au Guatemala ont rejailli dans ma tête, alors que j'avais 17 ans. Une fabuleuse expérience qui m'a marqué à tout jamais...

Je vous laisse voir par vous même les images. C'est une formidable leçon de vie à laquelle vous allez être témoin. Pouvoir détenir entre ses mains la destinée d'une poignée d'élèves qui ne demandent qu'à apprendre, qu'à vivre, qu'à se tailler une place dans leur société, et ce, pendant quelques jours, c'est un honneur et une chance inouïe. Le transfert de bénéfices, l'échange culturel, mais surtout, l'empreinte indélébile du bonheur partagé est sans équivoque. C'est très émouvant de se rappeler tout cela, mais en même temps, ça procure tellement de bien...


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dimanche 10 février 2008

Xavier Rudd à Montréal: un orchestre à deux mains

 

Quoi de mieux que de profiter d'un samedi soir pour décompresser et aller entendre de l'excellente musique ? C'est ce que je viens tout juste de faire en allant voir Xavier Rudd au Métropolis dans le deuxième concert qu'il donnait à Montréal. Une décision de dernière minute que je ne regrette tellement, mais alors tellement pas! Les trente dollars qu'ont coûté le billet en ont valu amplement la peine, et comment !! C'était la première fois que je le voyais live et mes attentes ont été largement dépassées!

Pour les néophytes, Xavier Rudd est un auteur compositeur interprète australien qui a connu un succès monstre en 2005, grâce à son album Food in the Belly. Sa particularité est qu'il est un multi-instrumentiste accompli. Sur scène, il est littéralement entouré par une pléiade d'instruments. Le style musical de cet artiste est unique, mêlant le blues, le roots, le rock, avec une sauce percussive où se mélangent les guitares et les lapsteels, les percussions et surtout, les yidakis, autrement plus connus sous le nom de didjeridoo. Voilà donc pour la parenthèse documentaire.

Lorsque je mets les pieds dans la salle, celle-ci est déjà pas mal remplie au parterre. Sur scène, un gigantesque montage d'instruments est caché derrière un immense drap noir côté jardin, alors que du côté cour, un deuxième drap noir cache ce qui a manifestement l'air d'une batterie. Peu après 21h, les lumières se ferment enfin, et un homme à la carrure imposante s'avance sur scène, drôlement vêtu. De ma position, je ne peux pas distinguer vraiment s'il s'agit bien de Xavier Rudd, mais lorsque l'éclairage révèle ses traits, je me rends compte qu'il s'agit d'un aborigène australien en chair et en os avec son didjeridoo !!

Lorsqu'il se met à jouer de son instrument, je sens automatiquement une décharge électrique parcourir ma colonne vertébrale, tellement la vibration sonore est transcendante, intensément forte. Le didjeridoo est, à mon humble avis, l'instrument à vent qui est le cousin du tambour, tellement l'énergie, la puissance et la capacité à faire détonner l'énergie chez un public est similaire. Après une bonne minute où j'ai les tympans qui agissent comme des diapasons résonnant au souffle de l'aborigène, ce dernier se met à expliquer comment il faut souffler dans l'immense tube de bois. Puis, il explique les origines des différents sons, s'apparentant à des cris d'animaux de la forêt australienne. Une formidable introduction à un spectacle qui nous fera plonger dans l'univers de la musique australienne et de ses racines.

Après ce petit amuse-gueule musical, les lumières s'éteignent à nouveau, les techniciens de scène enlèvent enfin les draps et je peux enfin admirer la disposition de tous les instruments. Ce qui frappe tout de suite sur l'immense plate-forme surélevée du côté jardin, ce sont les 3 didjeridoos installés sur leur support. Plus à gauche, un mini-gong et un carillon sont juchés sur un support. Et à droite, une panoplie de petites percussions, surtout des mini-tambours. De l'autre côté de la scène, une batterie de petite taille avec des congas et des bongos sont installés. Pas de doute, la percussion sera à l'affiche pour ce show-là !

Xavier et son batteur prennent enfin place derrière leurs jouets, et le spectacle démarre. Les chansons défilent et le public se délecte des prouesses musicales des deux formidables musiciens. Pendant que Xavier Rudd chante, joue de la guitare, frappe du pied son kick et souffle dans ses didj, son acolyte frappe la mesure de sa batterie. Lentement mais sûrement, la musique me rentre dedans, trouve son écho jusque dans mes trippes, pour finalement me laisser pantois d'admiration devant la qualité du spectacle. Oui, ils sont bel et bien deux et ils jouent autant d'instruments !

Les moments d'improvisation sont ceux qui ont littéralement électrifié le Métropolis. Quand Xavier est seul derrière ses instruments, il est comme un petit garçon. Je ne sais trop comment il parvient à maîtriser autant l'indépendance des membres. Ses deux pieds font chacun une partie de rythmes, pendant que ses mains frappent les percussions selon un pattern qui est complètement différent. Puis, sa bouche crée une mélodie puissante, vibrante, transcendante lorsqu'il fait des beats aux didjeridoos. Complètement démentiel.

La foule est totalement conquise, tout comme moi, puisque ce n'est pas souvent qu'un artiste de cette trempe livre autant sur scène. Il ne parle pas beaucoup ce Xavier Rudd (hormis son fameux « How you're feeling? »), mais il n'a pas besoin de parler dans le fond, sa musique le fait à sa place ! Cet orchestre à deux mains a livré une superbe performance, et j'attends vivement son retour...Je ne suis pas le seul d'ailleurs ! Il représente vraiment ce que la musique a de mieux: apporter une dose de réconfort et oublier, le temps de 120 minutes, nos tourments. 

En cherchant un peu sur Youtube, j'ai trouvé deux extraits vidéos maison du spectacle. En voici un premier. La pièce est ma préférée, soit la magnifique chanson Messages qu'on retrouve sur l'album Food in the Belly. L'extrait a été enregistré la veille, le 8 février.

Le deuxième extrait vidéo montre la virtuosité de ce musicien hors-pair alors qu'il en met plein la vue avec un jam musical intense! L'extrait a été enregistré le 7 février au Capitole de Québec.

Entrevue avec Xavier Rudd (Le Soleil)

Critique du spectacle au Capitole de Québec (Le Soleil)

Photos du spectacle

lundi 28 janvier 2008

Des bottes et un tambour!

Je viens de tomber sur l'extrait vidéo du numéro de Gumboots de la troupe d'Afrique en Mouvement, Amaqhawé, que les membres ont présenté lors du dernier Show du Refuge en décembre dernier, à la Place-des-Arts. Un superbe numéro harmonisant le rythme africain et la danse. Admirez à quel point le jeu technique et musical de Mélissa Lavergne est en parfaite symbiose avec les coups de bottes des danseurs. Clairement le meilleur numéro du spectacle!

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dimanche 13 janvier 2008

Le tambour au fil des âges

Je viens de tomber sur ce court-métrage fantastique montrant 100 personnes, âgées de 1 à 100 ans, en ordre, frapper sur une caisse claire. Un moyen fantastique de démontrer l'évolution de l'être humain, de l'effet du temps sur les gens, et surtout, de prouver qu'en quelque part, la musique fait partie de la vie, de la première à la centième année de notre existence. Savoureux!

jeudi 10 janvier 2008

Retour sur le corpo de Rona (vidéo)

En souvenir du passage de Samajam au siège social de la compagnie Rona en novembre dernier, voici un petit vidéo qui résume assez bien merci l'intensité et l'énergie créative de cette soirée haute en couleur! À voir!


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Vidéaste: Daniel Lemieux, alias la Repouce

jeudi 6 décembre 2007

Un orchestre de légumes

Imaginez-vous un bon matin au marché Jean-Talon. Vous marchez tranquillement dans les allées et vous rencontrer un groupe de gens qui sont en train d'acheter des légumes. Des légumes de toutes les sortes. Mais, au lieu de regarder leur allure et sentir leur fraîcheur, ils s'amusent à les marteler entre eux, à entendre leur sonorité...Un peu bizarre comme comportement.

Et bien une bande de onze musiciens viennois ont décidé de repousser les limites de la créativité en créant The Vegetable Orchestra. Fondé en 1998, le but de cette entité musicale est de s'amuser à créer des pièces musicales de percussions et d'instruments à vents en utilisant que pour seul et unique matériel des légumes qu'ils façonnent à leur guise.

Je vous laisse avec un de leur vidéo illustrant bien à quel point, en percussions, les seules limites de la création sont celles imposées par l'imagination!

mercredi 31 octobre 2007

L'inertie de la baguette

Dans le monde de la percussion, ce qui est vraiment impressionnant à regarder, c'est la capacité du percussionniste à prendre de la vitesse lors de ses performances. Je vous en donne ici un excellent exemple. Dans ce vidéo, un batteur ténor effectue un solo d'enfer où il met en application un principe physique que tout bon percussionniste se doit de savoir: l'inertie.

Cette loi de la nature stipule que tout corps en mouvement restera en mouvement tant et aussi longtemps qu'une force contraire à sa direction ne viendra pas contrer ce mouvement. Bon, j'avoue que cela fait théorie à la puissance mille, mais il suffit de l'appliquer à la musique pour mieux comprendre. Regardez le vidéo, je vous explique ensuite.

Qu'est-ce qui saute aux yeux lorsqu'on voit une telle performance ? Évidemment, c'est la vitesse à laquelle le musicien joue. Et ici, c'est la vitesse de frappe des baguettes qui est hallucinante. Visionnez le vidéo une deuxième fois, et regardez les mains du batteur: elles sont presque immobiles. En fait, le batteur utilise la force exercée par le rebond que fait la baguette sur la peau pour faire en sorte que ses muscles travaillent deux fois moins. En se servant de la force du rebond causée par l'inertie, on en arrive à pouvoir, à force bien sûr de pratique et d'exercice, à atteindre des prouesses qui,  justement, vont défier les lois de la physique!

vendredi 14 septembre 2007

Le rythme de l'ennui

Vous vous réveillez un matin et vous avez les "blues" comme on dit. C'est l'ennui total. Puis, une soudaine envie vous prend de "tapocher" sur tout ce qui bouge. D'abord vos doigts tapent sur vos cuisses, puis votre torse, puis votre tête. Ensuite, vous vous mettez à fermer et ouvrir la fermeture éclair de votre veste qui traîne sur le divan. Vous prenez vos souliers et vous faites frapper les semelles ensembles. Vous vous amusez à faire cliqueter l'interrupteur de la cuisine, et vous tapez avec vos jointures sur l'écran cathodique de la télévision. Vous allumez et éteignez votre balayeuse....Tout ça crée une musique, le rythme de l'ennui. Et ma foi, rien de mieux pour se désennuyer...En voici la preuve éloquente! Totalement génial!

mardi 11 septembre 2007

Le jeu musical de maître Mamady

Je viens de tomber sur ce vidéo de Mamady Keïta qui a récemment fait une tournée en Asie, après être venu nous voir en juin dernier. Dans ce vidéo, vous pouvez admirer la grande virtuosité dans le jeu de ce djembéfola qui est dans une classe à part. Tout est dans la finesse des frappes, des doigts jusqu'aux roulements des mains en feu, qui se marient avec grâce à la mélodie des dunduns, mélodie joué par sa femme. Un pur moment de magie.

jeudi 6 septembre 2007

Mélange de genres

La musique évolue au fil des ans en se réinventant constamment. Une des façons de faire est d'appliquer le mélange des genres, souvent en joignant deux styles musicaux qui en apparence sont totalement incompatibles. Un exemple? Prenez du hip-hop, et mixez-le avec un violoniste jouant live, improvisant des pièces classiques. Le résultat est vraiment super intéressant. Chapeau aux deux gars qui ont pensé à faire ça!

jeudi 30 août 2007

M. Bean le roi du «drum»

Je viens de tomber sur un vidéo hilarant d'un numéro magnifiquement interprété par nul autre que M. Bean en personne, Rowan Atkinson. Passant un balai sur la scène, il tombe par hasard sur un set de batterie invisible, où il laisse libre court à son talent de «drummer». Concept génial et ça vaut surtout le coup pour la finale! Je me demande combien de temps il a fallu pour synchroniser le son et les gestes...

lundi 27 août 2007

Mon aventure percussive avec le Cirque du Soleil (VIDÉO!)

MISE À JOUR (27/08/2007): ENFIN LE VIDÉO!

Je remonte le billet sur le Cirque pour que vous puissiez voir le fameux vidéo de notre prestation avec les artiste du Cirque du Soleil. Je peux dire que je suis extrêmement ému par le contenu de ce vidéo qui me rappelle des souvenirs impérissables.

Encore une fois, merci au vidéaste Daniel (La Repouce) Lemieux pour son extraordinaire travail, et surtout, de m'avoir fourni le vidéo en primeur!


Je ne sais trop par où commencer cette chronique. Je suis encore sonné par l'incroyable journée que j'ai vécue dimanche dernier, tellement elle a été surréaliste. Le genre de journée qui marque un tournant dans l'existence de quelqu'un, qui étourdit, qui frappe l'imagination...Les mots sont faibles! Mon expérience avec le Cirque du Soleil a été des plus intenses et des plus fantastiques! Une incroyable incursion dans le monde du surréel, de l'imaginaire, du spectacle et du grandiose!

Le cirque est un petit bout d'arène close, propre à l'oubli. Un temps plus ou moins bref, il nous permet de ne plus penser à nous, de nous dissoudre dans l'émerveillement et la félicité, d'être transportés de mystère.

Henry Miller (1891-1980), dans «Le sourire au pied de l'échelle»

La transformation commence...

Bip! Bip! Mon réveil sonne et il est 5h30 du matin. À part les oiseaux, c'est le silence total. Je n'ai aucune misère à me tirer du lit, tellement j'ai hâte au spectacle. Le temps de manger deux oeufs, je pars et le trajet en métro ne prend que quelques minutes tellement ma tête est séparée de mon corps, voguant dans le rêve éveillé que je suis sur le point de vivre, les yeux bien ouverts cette fois. J'arrive au deuxième étage du Palais des Congrès à 7h30 pile, et déjà quelques-uns de mes compagnons sont arrivés. La metteure en scène, Lise, travaille à paufiner les derniers détails de certains numéros. Ça grouille en diable là-dedans. Techniciens de son, éclairagistes, accessoiristes, et bien entendu, les acrobates du Cirque sont là à suivre les directives des déplacements. «Pas trop vite SVP, prenez votre temps au final, attendez le signal de la chanteuse pour votre salut...C'est ça, OK, parfait! Break maintenant! On se retrouve dans une petite vingtaine!»

La pause est plus que bienvenue, et on en profite pour aller à notre loge où, surprise, un magnifique petit déjeuner nous attend, constitué de succulents fruits frais, céréales, café et jus. Du café!! Ingrédient essentiel pour passer au travers de ce brouhaha créatif. De plus en plus de gens viennent grignoter un peu, et j'avoue que je ne suis pas vraiment réveillé assez pour deviner à qui j'ai affaire. Et pourtant, je suis en ce moment même entouré par les acrobates du Cirque du Soleil. Je suis bientôt introduit à Elena Lev, la contortionniste aux cerceaux qui sera, dans quelques heures à peine, la première à s'exécuter au spectacle. Blonde, jeune, mince, et à l'allure très décontractée, elle est assez discrète, je dirais même concentrée. Nous la saluons, sans plus, étant trop dans notre bulle peut-être nous-mêmes...Nous rencontrons également les deux athlètes polonais, le Duo Design de par leur nom d'artistes. Ce sont les deux acrobates au corps d'Apollon qui réussissent des figures aériennes qui défient l'imagination tellement ils repoussent les limites de la musculature humaine. Eux aussi sont dans leur élément, concentrés, discrets, prêts à livrer la marchandise.

En attendant, les deux maquilleuses se préparent en s'installant devant les miroirs. Puis, c'est déjà le temps de passer à l'étape du maquillage facial, puisque cela prend entre 15 et 20 minutes par personnes. Et vu que nous sommes dix et bien, ça fait beaucoup de monde à transformer! Truc et Pierre-Yves sont les premiers, suivis de Cheick Anta et Sadio, puis Éric, Estelle, et finalement c'est mon tour. En m'assoyant dans la grande chaise haute, et en voyant mon visage dans le miroir, je me dis que ça y est. Maintenant, la transformation est en marche, je deviens à l'instant un artiste du Cirque, je suis à peine conscient des minutes qui vont suivre tellement je suis encore sous le choc. Suis-je encore en train de rêver à tout ça?

La seconde peau

Tout en ayant les yeux fermés, je focuse sur ce qui m'avait amené dans cette salle, à la seconde même, repensant à tout le chemin parcouru depuis presque deux ans maintenant. Une mosaïque d'images, évoquant des souvenirs imprimés dans ma tête, surgissent. C'est peut-être dû à une certaine logique des choses, mais je me demande encore aujourd'hui pourquoi je fus choisi pour faire partie de ce numéro incroyable plutôt qu'un autre. Et en essayant de trouver une réponse, je suis tiré de mes rêveries par la maquilleuse qui me demande d'ouvrir mes yeux et de les lever au ciel pour qu'elle m'applique une couche de mascara.

En les ouvrant, je vois une méchante belle différence avec le simple fond de teint blanc que j'avais au visage au tout début. Le maquillage de scène est saisissant et vraiment bien nuancé. Les maquillages sont vraiment l'extension des émotions que l'on ressent. Tout est amplifié. Si on fronce les sourcils, la colère est dix fois plus perceptible. Si on sourit, notre joie de vivre se communique encore plus facilement. Et en ce moment, elle doit se voir diablement facilement!

Le temps de prendre quelques photos de famille et de grignoter à nouveau, le temps file, et je constate un étrange phénomène autour de moi. Une certaine prise de conscience, comme un déclic qui s'effectue dans ma tête. Un à un, les artistes du Cirque arrive dans la loge, et cette fois, ils ont eux aussi transformé leur visage avec les maquillages qu'on reconnaît tellement bien lorsqu'on admire une performance du Cirque. Et lorsque je vois Timéo, le jongleur de feu, se maquiller lui-même devant le miroir, on dirait presque de la magie.

Il sépare son visage en deux, une partie foncée et une autre plus pâle, tout en dessinant sur son front un mélange d'hiéroglyphes et de symboles. Dès lors, il revêt une seconde peau, sa seconde peau, tellement il l'a revêtu souvent. C'est le premier morceau de son deuxième lui-même, celui qui explosera dans quelques minutes sur scène avec ses torches enflammées. Être témoin de ce moment unique où l'artiste se transforme est tellement spécial que j'en savoure chaque seconde. Étant placé tout juste derrière lui, je l'observe effectuer chaque coup de pinceau d'un geste assuré et robotisé, tellement il a dû le faire souvent. Il ne remarque même pas ma présence, il est dans sa bulle, concentré à sa métamorphose.

Métamorphose

Laissant Timéo se préparer, je retourne voir le groupe. Question de faire monter l'adrénaline un peu, je jamme avec Sadio, Cheick Anta, Estelle et Éric, puis Pat Dugas vient s'asseoir avec nous pour répéter la pièce. Ça fait vraiment super bizarre de se voir accoutré ainsi, de pratiquer notre morceau et de se dire que dans moins d'une demi-heure on sera sur la scène et que ce sera plus vrai que nature.

Vient ensuite le moment tant attendu d'enfiler nos costumes de scène. Dès que je suis vêtu d'orange de la tête aux pieds, je sens la montée d'adrénaline grimper en flèche. Tout le monde est fébrile. Enfin, je parle de notre petite gang de percussionnistes. Je ressens à nouveau le sentiment de déclic de tout à l'heure lorsque je vois les deux hommes forts polonais effectuer leurs figures mythiques et se réchauffer. Sûrement par soucis de ne pas gaspiller leur énergie, ils ne font qu'amorcer leurs mouvements, mais c'est tout de même très impressionnant. Puis, très vite, ils disparaissent de la salle pour aller revêtir leur deuxième peau eux aussi.

Lise, la metteure en scène, vient ensuite nous voir pour nous annoncer que nous devons être en arrière scène dans 15 minutes. Nous préparons donc nos instruments, test des courroies, mousquetons, etc. Puis, je prends encore plus conscience du moment incroyable qui est sur le point de se produire quand je vois arriver les mêmes visages que ce matin, mais cette fois-ci maquillés ET costumés. C'est fascinant de voir à quel point leur deuxième peau les métamorphose en quelque chose de surréel, qui appartient au domaine du rêve et de l'imaginaire!

Le temps de prendre une "photo de famille", la régisseure de scène vient enfin à notre rencontre et nous annonce qu'il est temps d'aller se positionner à l'arrière scène, en coulisses. Et c'est au même moment que j'entends pour la toute première fois les clameurs de la foule qui est juste derrière le mur. Le bruit a le même effet qu'une légère décharge électrique. Mais, tout en demeurant concentré, je marche, dundun à la taille, dans un couloir qui ne semble pas avoir de fin. Pendant que les autres parlent, je demeure moi aussi dans ma bulle, concentré, prêt à effectuer ce que j'ai répété dans ma tête des dizaines et des dizaines de fois depuis quatre jours.

Dédoublement de soi

En arrêtant devant la grande porte menant à l'arrière scène, je ressens le trac de façon inhabituelle. Je commence à réaliser enfin où je suis et surtout, avec qui je m'apprête à jouer dans quelques minutes. C'est complètement surréaliste. La porte du rêve et de l'imaginaire s'ouvre enfin, et je pénètre dans la salle, derrière les immenses panneaux multimédias électroniques, pour me frayer un chemin jusque de l'autre côté de la scène côté jardin. Je suis subjugué de voir l'équipe à l'oeuvre derrière la scène. Des dizaines de techniciens ont le visage illuminé par les nombreux écrans cathodiques que leurs yeux sont en train de balayer. Dans la salle, le gala est sur le point de se terminer, les derniers prix étant en train d'être décernés.

Je suis avec les clowns (agissant en tant que maîtres de cérémonie), Truc, Pierre-Yves, Sadio et Estelle. Pendant que nous sommes tous là à attendre que le gala prenne fin, Elena, la contortionniste aux cerceaux, fait ses étirements. Avec la plus grande facilité du monde, elle passe sa jambe derrière son épaule de sorte que son pied est tout juste à côté de sa tête. Elle semble très relaxe, malgré qu'elle demeure silencieuse, réagissant plutôt de manière non-verbale. Elle trempe ses pieds dans la craie qu'elle applique ensuite sur son corps, afin d'éviter les glissements dangereux. Puis, elle s'avance proche de l'escalier, et tout est enfin prêt pour le spectacle.

La présentatrice du gala introduit enfin le Cirque. Puis, Jonathan, un gars très sympathique qui a déjà suivi des cours de percussions avec nous, et qui maintenant est clown pour le Cirque, est le premier à s'avancer sur scène, suivi des trois autres. Chacun étant muni de cerceaux, ils laissent la place à Elena. Et lorsque je la vois s'exécuter sous mes yeux, en la regardant sur l'écran géant (étant malheureusement derrière la scène, je n'ai pas d'accès visuel sur elle directement), je suis carrément estomaqué par sa performance.

Bien entendu, j'étais totalement subjugué par la prouesse technique de son numéro. Mais au delà de ça, j'étais en train de constater à quel point le Cirque est l'art du théâtre avec un grand T. Quel dédoublement de soi!! Sa prestance, l'intensité de son regard, combiné à sa grande agilité, à son maquillage, à son costume, bref tout, absolument tout la rendait plus grande que nature. Elle irradiait tel un soleil. Elle était carrément une autre personne. L'énergie féminine à son paroxysme. C'était d'une infinie beauté et d'une sensualité à fleur de peau. À ce moment, et à cette seconde précise, la réalité m'a rattrapé. J'étais partie prenante du Cirque, je faisais partie de ce vaisseau spatial qui nous amenait ailleurs, dans un autre univers, dans une autre dimension.

Sans que je ne m'en rende compte, je me pinçais littéralement, ayant peine à y croire. Et, aussi subtilement qu'elle est entrée sur scène, elle sort par notre escalier, et mon regard la croise pour ensuite revenir sur l'écran. Oui, c'est bel et bien elle que j'ai vue. Elle était redevenue elle-même, la magie ayant opéré. Elle avait fait son job à la perfection, sa journée de travail était maintenant terminée. Pendant que je reprends mes esprits tranquillement, les clown installent la plate-forme et un des deux Polonais passe devant moi pour s'installer en haut des escaliers. Il est recouvert d'une poudre en or, et il est uniquement vêtu d'un slip. Dans l'ombre de la lumière, il est découpé au couteau. Et pourtant, quand je l'ai croisé ce matin en déjeunant, j'aurais probablement dit de lui qu'il s'entraînait intensément, sans plus. C'est pour dire comment est incroyable la magie du maquillage et du costume!

Il va rejoindre son comparse, et tous deux en mettent encore une fois plein la vue. Leur performance est colossale et, en tout point aux antipodes de la précédente. Cette fois-ci, c'est l'énergie masculine à l'état brut. La virilité, les muscles, le regard de feu. Tout ça encastré dans une prouesse d'endurance physique qui parfois est à peine tolérable à regarder. Des figures où la gravité n'existe plus, où la machine humaine est poussée à ses extrêmes limites. Le tout enveloppé avec une musique extraordinaire et un éclairage qui met en valeur le costume doré des deux acrobates. Encore une fois, c'est extrêmement puissant comme effet, et je cesse volontairement de regarder, car je dois replonger dans ma bulle, puisqu'après eux, nous embarquons sur scène!

La danse du feu

Malgré que la foule eût terminé d'applaudir à tout rompre la performance hallucinante des deux hommes forts, j'étais revenu dans ma bulle, concentré, mon instrument à la main, derrière mes amis. Personne ne disait mot, pendant que sur scène on se débarrassait de la plate-forme. L'éclairage s'éteint alors, puis vire au rouge. C'est alors que j'entends les premières notes de notre pièce. Un à un, nous montons les marches, puis nous secouons les shakers que nous avons sous la main.

En croisant mes amis sur scène, j'ai peine à les reconnaître. Tout est transformé. Nous sommes devenus les membres d'une tribu prête à accueillir son chef qui va effectuer sa danse du feu. Nous sommes les seigneurs du Feu. Notre regard est enflammé, notre visage est assoiffé de colère et de tribalité. Je suis connecté à mes instincts les plus primaires, comme si j'étais embarqué dans une machine à voyager dans le temps. Jamais je n'ai vécu une sensation aussi puissante et aussi forte. L'illusion est parfaite. J'oublie totalement la scène, les gens qui regardent. J'ai conscience de moi-même et de mes amis, point à la ligne.

Nous formons alors un immense cercle avec nos shakers qui transporte la salle dans un lieu où jadis, au début des temps, l'homme peinait à survivre. D'un coup sec, nous nous retournons vers la foule, et dans le désordre le plus complet, nous retournons derrière nos instruments, et c'est alors que Timéo avance sur la scène, avec ses immenses torches de feu enflammées. Encore une fois, le dédoublement est incroyable. Le gars sympathique à l'allure très relaxe est ici gigantesque, les flammes dansant dans ses yeux, le jaune vif reluisant sur son visage, faisant ressortir ses traits les plus barbares. Puis, il se met à faire tournoyer ses torches à la vitesse de l'éclair, les faisant tenir en équilibre sur la plante de ses pieds flambant nus.

Puis, en entendant le moment clé de la piste sonore, nous, les dix percussionnistes, nous nous levons d'un trait. À ce moment, je n'ai plus aucune crainte. Je ne réfléchis plus. Je sens la pièce musicale comme si je l'avais composée moi-même. C'est tout aussi incroyable comme sensation. Mes mains savent exactement quand faire osciller le maillet du dun. Je suis tellement concentré et dans ma bulle que je remarque à peine les quelques petits pépins techniques de sons, où les moniteurs font défaut (chose que j'apprendrai uniquement après le spectacle). Pour l'instant, c'est l'effet visuel qui compte, et le feu rituélique s'amuse à danser avec les notes tonitruantes des tambours.

Rideau

Le crescendo des notes de percussions se mêlent à la fureur des flammes qui dansent autour de Timéo. Puis, les dernières notes fusent, et tous nous levons les bras au ciel, en même temps que les projecteurs s'éteignent. Et nous redevenons nous mêmes aussitôt, et je suis sonné d'avoir vécu un moment aussi intense. Mais, notre présence sur scène n'est pas terminée. Nous sommes les premiers à courir en cercle autour de l'immense scène sous les applaudissements à tout casser de la foule. Puis, nous plaçant de chaque côté, nous jouons de nouveau, sourire aux lèvres cette fois, et la chanteuse du Cirque s'avance pour chanter de sa voix puissante. Elena exécute un pas de danse après que les clowns eut ouvert le bal, puis les deux hommes forts retournent sur scène et un véritable coup de tonnerre vient de la foule. Finalement, Timéo retourne au devant de tout ce beau monde, puis nous nous avançons prestement.

Lorsque la chanteuse fait le signal pour le salut collectif, une puissante émotion m'envahit. Le simple geste de saluer la foule, et ce, entouré de talents aussi uniques est un sentiment que je ne suis pas prêt de revivre. Faire partie, ne serait que quelques minutes, d'une aventure avec le Cirque est incroyable et jamais je n'aurais pensé que cela puisse m'arriver un jour. En reparcourant le long couloir qui nous ramène à notre loge, je sens l'adrénaline se dissiper tranquillement. Je me sens redevenir moi-même, étudiant, apprenti percussionniste. Et lorsque je me débarbouille le visage et que j'ôte mon costume, le rêve prend fin.

Par contre, lorsque je sors à l'extérieur, le Maître Soleil est radieux, signe que ma performance de ce matin-là a été très probablement à la hauteur de son Cirque.

vendredi 10 août 2007

Les coulisses de Samajam à Juste pour Rire

Le vidéo officiel du «making-of» du spectacle de notre belle gang de percussionnistes de Samajam à Juste pour Rire, lors du grand carnaval de Nantes de 2007, est en ligne! On y voit tout le processus de création mené de main de maître par Pat Dugas, ainsi que des images tournées le long des rues lors de notre prestation. Bon visionnement!

Merci à Daniel Lemieux, alias La Repouce, pour son admirable travail de vidéaste!

vendredi 3 août 2007

Ariane Moffatt sous les étoiles

Hier soir, après un cours de percussions où je jouais des dunduns, je pars en flèche avec mes deux compagnons, Dom et Karine, vers le site des Francofolies. Une foule très nombreuse est massée devant la grande scène, car ce soir, c'est Ariane Moffatt qui est la principale vedette sur scène. On l'entend déjà chanter, mais je n'y prête qu'une oreille, sachant qu'elle va revenir à 23h.

Alfa Rococo

Nous marchons donc sur le site pour nous retrouver devant la scène Molson Dry, avec une bière du même nom à la main, pour attendre le début du spectacle d'un groupe que je ne connais pas vraiment, Alfa Rococo. Cependant, beaucoup de gens m'en avaient parlé, et à voir la foule déjà massé le long des clôtures, il y avait fort à parier que le show soit bon, et que le groupe compte déjà un bon bassin de fans.

Honnêtement, j'ai trouvé la performance du groupe assez bonne, quoique je n'ai pas vraiment trippé. C'est qu'à la longue, je trouvais les chansons un peu redondantes, et la sonorisation n'était pas très idéale. Par contre, il est clair que ce groupe a tout le potentiel pour percer et trouver sa place. Ils ont des arrangements musicaux bien intéressants, surtout entre les jeux de guitare. Mention spéciale à la chanteuse du groupe qui a une belle présence sur scène, les multiples lentilles de caméras présentes confirmant ce fait.

Ariane prise deux

Pour en revenir à Ariane, nous revenons à la grande scène vingt minutes avant 23h, puisque déjà, une foule compacte se masse le plus proche possible de la scène. L'atmosphère est excessivement chaude, il doit faire plus de 30 degrés. C'est pesant, mais idéal pour un spectacle extérieur. La foule s'impatiente, et enfin, les musiciens entrent en scène et le spectacle commence.

J'avais hâte de voir cet artiste faire son véritable spectacle, puisque la première fois où j'ai vu Ariane, c'était au sublime spectacle Rêver mieux de Daniel Bélanger, où déjà elle avait l'instinct de bête de scène avec son charisme enivrant. Sans compter les deux ou trois fois où je l'ai vue à l'impro musicale l'an dernier, où encore une fois elle m'avait sidéré avec ses nombreux talents musicaux. Nul va sans dire que je m'attendais à un excellent show de sa part ce soir.

J'en ai eu pour mon argent en triple (même si le show était gratuit hehe)! Tout dans son spectacle est excellent. Sa voix, tantôt douce, tantôt puissante, sa démarche, et surtout, sa musique. Planante, exaltante, puissante, on ne se tanne jamais d'entendre les rafales de grosse caisses de l'excellent Jean-Phi Goncalves à la batterie. Sa bassiste et son guitariste aussi sont tout aussi excellents. Mais Ariane est clairement celle qui détonne le plus sur cette immense scène. Elle n'en finit plus de se déplacer autout de trois ou quatres micros, avec à la main une guitare à six cordes, électrique ou même, une guitare piano!

Mais c'est Ariane la DJ qui est la plus impressionnante. S'installant sur sa console d'échantillonnement, elle chante des bouts de phrases qui se mettent à former une formidable trame musicale sur laquelle elle s'amuse à coucher des paroles qui soulèvent la foule, telle une immense vague. Ses mots soufflent tel le vent qui fait lever le ressac. Cette combinaison rafraîchissante contraste avec l'air ambiant tropical, et c'est tant mieux.

Son reggae De retour à Montréal ne peut mieux s'exprimer que dans ces conditions extrêmes. Le rappel de Point de mire où elle s'est amusée à mixer une pléiade de sons était carrément jouissif. J'ai bien aimé aussi Retourne chez elle, pièce que j'avais joué en compagnie de mon amie Annie au P'tit Medley, ça me rappelait de très bons souvenirs. Et elle nous fait vivre mille et unes émotions, lorsqu'elle entame, seule sur scène au piano, la somptueuse pièce Poussières d'anges.

Sans aucun doute, ils devaient sourire les anges là-haut dans le ciel en voyant autant de monde vivre une soirée d'été aussi belle...

En terminant, voilà un vidéo qui résume bien ma soirée francofolle.