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mardi 22 janvier 2008

Imposer le rythme

J'ai vécu une super belle expérience jeudi dernier, alors que j'étais convoqué à un autre corpo avec la grande équipe de Samajam au grand complet. Mais, cette fois-ci, c'était d'autant plus spécial parce que la veille, j'avais aidé à déplacer 700 (oui, vous avez bien lu) djembés dans la grande salle de conférence de l'hôtel Hyatt annexée au Complexe Desjardins. L'entreprise avait en effet réserver l'hôtel pour y tenir son grand congrès annuel, qui cette année avait (quelle coïncidence !) décidé d'avoir comme thème: «Imposer le rythme». Quoi de mieux que de souligner la chose au sens propre ?

Depuis que je suis mandaté pour faire des corpos avec Samajam, j'ai participé à des événements de toutes les sortes et surtout, de toutes les ampleurs possibles. Mais, celui-là était d'autant plus spécial par l'imposante organisation qui était à l'oeuvre. Pour la toute première fois, toute l'équipe de prof de Samajam était convoquée: Pat Dugas, Mélissa Lavergne, Richard Gingras, les frères Labrosse, Sadio Cissoko, Cheick Anta, Gotta Lago...Du talent à l'état brut pour faire vivre des moments plus qu'intenses à l'équipe de cols blancs qui n'avaient aucune espèce d'idée du genre de moment que nous allions leur faire vivre, évidemment!

C'est ainsi que j'arrive en début d'après-midi à l'hôtel Hyatt, où déjà le congrès bat son plein. J'ai à peine le temps de déposer mes effets et revêtir mon uniforme que déjà, les instructions quant à la mise en scène sont donnés. J'ai un peu de peine à croire que je vais partager la scène avec autant de musiciens de talent. Une superbe chance et, il faut l'avouer, une belle récompense. La salle est énorme et il y a en fait trois scènes, une principale au centre où il y aura la plupart des musiciens, et deux autres scènes satellites situées côtés cour et jardin. Je suis assigné sur la scène côté cour où je serai avec Mélissa! Je suis vraiment content de pouvoir partager une scène avec elle, ne serait-ce que pour son grand charisme, bien sûr, mais surtout parce qu'elle est devenue, au fil des mois où j'ai suivi des cours avec elle, une amie et une source d'inspiration très motivante...Mais évidemment, à ce moment-là, je ne pense pas vraiment à tout ça, trop occupé à trouver des mousquetons pour attacher mon djembé et essayer de me concentrer...

Les instructions de dernière minute étant données, tout le monde sait à peu près ce qu'il a à faire. Je dis bien «à peu près», parce que je sais pertinamment qu'une fois sur scène, il faut s'attendre à tout sauf le plan de match initial. Et comme de fait, dès que nous sommes passés au travers de la foule, et que nous montons sur scène, il faut repenser à tout ce qui a été convenu puisque l'équipe de l'entreprise ont décidé de sortir tout de suite les sept cent djembés de leur cachette! Oups...Mais bon, ce n'est pas la première fois que nous faisons face à la musique...

L'énergie est incroyable. L'acoustique de la salle faisant encore plus résonner les sons des djembés, on se croirait plus de deux mille plutôt que "seulement" sept cent...La technique est déployée comme dans les grands spectacles, avec quatre écrans géants derrière nous, des moniteurs, une équipe de caméraman...Je constate à peine mon visage en format 12 pieds par 8 sur l'écran derrière moi. Je fais juste tripper sur scène avec Sadio à mes côtés et Mélissa Lavergne de l'autre. Pas besoin de vous dire que l'adrénaline coulait à plein débit dans mes veines ! J'ai tellement eu de plaisir avec Mélissa et notre section de foule à faire jouer des roulements qui sonnaient comme des coups de tonnerre dans la salle! Tous les visages étaient radieux! L'heure a passé en une fraction de seconde, et je suis descendu de mon podium un peu étourdi par tout ce que je venais de vivre...

J'ai rejoué une deuxìème fois dans le hall de la salle de conférence avec encore une fois, Sadio, Cheick Anta et Mélissa. Un autre super beau moment de musique où on se laissait aller avec des solos de djembés et des cassés, pendant que l'équipe de cadres battait la mesure de leur main et que les invités entraient dans la salle pour leur gala de remise de prix annuel. Jouer en compagnie de percussionnistes aussi talentueux, et être capable de suivre le rythme, c'est toujours quelque chose de très très enrichissant.

Cette journée incroyable s'est terminée le soir avec un spectacle de percussions donné par toute l'équipe de la troupe Samajam, dirigée par Pat Dugas. J'aurais pu décider de faire partie de la bande moi aussi, mais sans trop savoir pourquoi, j'avais l'intuition que je devais me retirer et savourer le spectacle de l'oeil d'un spectateur. Être de l'autre côté du miroir. Et wow, je n'ai pas été déçu! Un moment tout-à-fait magique, où j'ai constaté que les événements corporatifs prennent une toute nouvelle tournure. Mêlant les quatre grands styles de la percussion, le mélange était juste parfait entre le numéro carrément génial de percussion flamenco au cajòn, suivi de la pièce méditerranéenne au darbouka, suivi du latino, de l'africain et finalement, la cerise sur le sundae, le brésilien.

Je vous laisse avec un extrait vidéo de la portion brésilienne du spectacle. Et rien ne peut mieux résumer les paroles qu'un employé de la compagnie assez jeune m'a dites en voulant savoir si je faisais partie de la bande de musiciens qui se démenaient sur scène:

Wow, j'ai jamais vu autant de vieux danser sur un plancher de danse!

video

samedi 4 août 2007

Le «making of» des kiwis

Je viens de tomber sur le making of de notre performance en juin dernier à l'émission Des kiwis et des hommes. On peut y voir des images tournées en coulisses et mieux apprécier la diversité des instruments qu'il y avait ce jour-là. Un beau souvenir.

Merci à Daniel alias La Repouce qui produit toujours des vidéos de très grande qualité.

vendredi 22 juin 2007

Des kiwis et des tambours

MISE À JOUR (27/06/07)

Voici en vidéo notre prestation à l'émission Des Kiwis et des hommes diffusée lundi dernier. Un bon moment de créativité musicale, gracieuseté de Pat Dugas et de la troupe Samajam. Bon visionnement!

Par un beau matin ensoleillé, je me dirige vers le marché Jean-Talon, où dans quelques minutes, je ferai un autre enregistrement télévisuel à l'émission Des Kiwis et des hommes en compagnie des deux animateurs, Francis Reddy et Boucar Diouf. En sortant du métro, je croise Karina et Alexandra, puis nous marchons jusqu'au point de rendez-vous sur la rue Henri-Julien. Peu à peu, la troupe d'une quarantaine d'élèves de Samajam se réunissent, et tous ont comme d'habitude le sourire. Les équipes techniques s'affairent à installer les caméras, micros et les éclairages.

Lundi dernier, nous avons monté une pièce et répété avec Patrick Dugas. Sa maîtrise et son talent de directeur ont fait en sorte qu'en deux heures à peine, nous avons monté une pièce musicale avec calebasse, tama (ce petit tambour qui se tient à l'épaule et qu'on appelle aussi talking drum), darbouka, cajòn, djembés, congas, surdos, cloches, snares et tamborin. Un bon quatre minutes de rythmes autour du monde.

En attendant d'immortaliser la pièce sur pellicule, nous patientons en plein coeur du marché. Et c'est à ce moment précis que je comprends pourquoi qu'à chaque fois que je regarde cette émission, je me surprends à me dire que c'est trop relaxe, zen, décontracté. C'est l'atmosphère du marché qui ne peut en faire autrement! Il y a tellement d'odeurs savoureuses de légumes, de fruits frais, de fleurs. Ça sent le terroir, notre terroir à plein nez. Ajoutez à cela les gens qui magasinent, les petits enfants qui apprennent à marcher, la bonne humeur est contagieuse et ne nous quitte plus.

Bientôt, Boucar vient nous souhaiter la bienvenue avec son grand sourire. Vraiment, je savais qu'il était sympathique, mais je constate que nous sommes attendus depuis longtemps, comme si nous serions le highlight de la semaine. Contrairement à Caféine la semaine dernière, je sens tout de suite que nous ne sommes pas seulement là pour le décor. Ça aide à crinquer tout le groupe pour délivrer une meilleure performance. Puis, c'est au tour de Francis de venir nous souhaiter la bienvenue. Il me fait tellement rire, il est exactement pareil, peu importe si les caméras sont allumées ou non. Toujours enthousiasmé pour dix, munis de deux bouquets de fleurs à la main, essouflé car il doit se dépêcher à remonter à l'étage sur le plateau, il cherche ses mots mais sa gestuelle et son expression du visage transmet assurément mieux son message que ses paroles. Oui, on est aussi content que toi Francis d'être là!

La prochaine demi-heure est assez technique. La régisseure de plateau, muni de son casque d'écoute et de son pad, vient nous expliquer le déroulement de l'enregistrement. Première prise où on teste les déplacements de caméra. Deuxième prise où on teste les micros et le son. Et la troisième véritable prise. En tout, notre bloc dure dix minutes, soit deux minutes où Boucar parle avec Francis des origines des tamtams, suivi de notre prestation, et finalement l'entrevue avec Louis sur l'école.

Après de longues minutes où tout le monde se mord les doigts pour résister à la tentation de jouer de leur instrument, l'équipe de caméraman et de techniciens reviennent pour filmer notre segment de l'émission. Et je réentends à nouveau le fameux: «Standby, dans 5...4...3...2...1...». De ma position, je dois me retourner vers la droite pour voir Boucar parler avec Francis des origines des percussions africaines. Puis, c'est à nous! Pat donne le cue à Moïse et celui-ci se met à jouer un groove absolument contagieux sur sa calebasse, puis Cheick Anta embarque avec son tama. Ensuite, tout va très vite. Pat nous donne le cue, à Nanci, Dunia, Christiane et moi, apprentis drebkis que nous sommes, pour partir le rythme de maqsoum à la darbouka. Ensuite viennent les palmas (taper des mains), puis les cajòn, et les congas. Par la suite, Pat fait un nouveau cue pour stopper le rythme abruptement pendant une mesure, puis ensuite, il y a une explosion de bruit et de rythme quand la troupe brésilienne se rajoute avec les djembés. Francis est aux anges, Boucar a le sourire fendu jusqu'aux oreilles, nous avons de nouveau épaté la galerie.

L'entrevue avec Louis se fait dans la plus complète convivialité, Boucar lui posant les questions habituelles sur l'école, les cours, les spectacles, ainsi que sur le grand atelier d'été. Francis pendant ce temps écoute avec attention, si ce n'est pour intervenir pour poser une question anodine mais que j'ai trouvé impressionnante par sa réponse: «Pour le fun, là, combien y-a-t-il de pays représenté dans votre gang?» Sénégal, Togo, Québec, Brésil, Liban, France, Portugal, Italie...et j'en passe!

L'enregistrement s'est déroulé vraiment vite. Sans le moindre anicroche. Tout en une seule prise. On devient sérieusement de plus en plus solides dans nos prestations. Et ça tombe bien, parce qu'avec l'été qui commence, on ne devrait pas perdre notre groove, loin de là! Je vais garder un bon souvenir de cette expérience télévisuelle...Des kiwis et des tambours! Haha!

P.S.: L'émission est diffusée lundi, le 25 juin, à 9h AM sur le réseau de la SRC, en reprise le même jour à 23h30.

vendredi 25 mai 2007

Bombolessé en spectacle!


Fin de semaine chargée en musique percussive les amis! Un autre super bon spectacle aura lieu (malheureusement en même temps que celui de Mélissa), au chic bar Les Bobards, situé au coin des rues Saint-Laurent et Marie-Anne. Si vous aimez la musique festive qui danse, quoi de mieux qu'une fiesta brésilienne pour vous faire passer un bon moment!

Le groupe québéco-brésilien par excellence, Bombolessé, dont fait partie mon prof de percussions brésiliennes, l'excellent Patrick Dugas, sera sur place pour faire la fête! Et en plus, la première partie du spectacle sera assurée par les étudiants avancés du cours de brésilien dirigé par Pat lui-même.

Cette soirée endiablée aura lieu le dimanche 27 mai prochain à 21h30, au coût minime de 5$.

vendredi 27 avril 2007

Le casse-tête d'un numéro de variétés (VIDÉOS)

Mardi de la semaine dernière, mon cellulaire sonne et l'appel vient de Samajam. Je m'attendais à ce que je sois invité encore une fois à participer à un événement corporatif avec Louis en entreprise. Mais, la nature de l'appel était tout autre: "Martin, nous t'avons choisi pour faire partie du numéro d'ouverture du gala Femmes et Cinéma, où il y aura en grande partie toutes les femmes oeuvrant dans le domaine de la télévision et du cinéma. Est-ce que ça te tente d'embarquer?"

Et bien, parlant de quelque chose de totalement non prévu et qui semble encore une fois unique en son genre, je ne vais vraiment pas laisser passer pareille occasion! J'embarque! C'est ainsi que ma semaine a été chamboulée par des pratiques intenses. La première a eu lieu dimanche dernier, en plein après-midi. Luc Boivin nous attendait avec son calme et son sourire qui ne le quitte jamais. Prenant le temps de s'asseoir avec nous, il nous explique le concept de la soirée, et surtout, du numéro d'ouverture ultra punché. "N'oubliez pas que vous allez performer devant des gens qui en ont vu déjà avant vous! C'est le moment d'épater la galerie avec quelque chose de tout à fait unique en son genre. Un mélange de percussions et de cinéma, ça vous dit?". Et il nous pointe les immenses structures derrière nous, qui sont en fait des gros projecteurs de cinéma monté sur un échafaudage sur lequel est fixé des caisses claires, des cymbales et des cloches. Le mot «original» est un euphémisme en regardant ces bidules.

Puis, Luc nous explique le concept. Pendant que Marina Orsini, l'animatrice du gala Femmes et Cinéma, introduira la soirée, un gros spot lumineux va tomber du plafond. En interrompant son speech, deux ouvriers (qui sont en fait Dom et Merlin, percussionnistes professionnels) vont monter sur scène munis d'une échelle avec Pat et Mathieu (deux autres percussionnistes professionnels). S'ensuivra un rythme où le spot servira de percussion, et s'allumera sous les coups. Puis, en utilisant les échelles, surtout les barreaux, les quatres ouvriers poursuivront leur rythme puis, ils embarqueront sur les structures qui vont s'allumer sous la musique. Vraiment génial!

C'est à ce moment que nous entrons en scène. Dirigé par Joannie (autre percussionniste professionnelle) et Cheick Anta, nous allons apparaître pour performer un numéro où nos tambours seront illuminés par un spot doté de diodes lumineuses qui changent de couleur selon l'envie de l'éclairagiste. La peau de djembé pourra donc devenir rouge, bleu, jaune ou verte selon le moment. Luc demande donc à Cheick de nous enseigner un soli, soit un long cassé avec des coups bien particuliers pour mettre du punch dans le numéro. Notre première pratique a donc été d'apprendre le cassé en question. Pas une mince tâche, mais le défi en vaut la peine. Cependant, Luc nous réservait une autre surprise. Au coeur du numéro, les 4 gars se positionnent autour de Joannie, alors que les 4 filles se positionnent autour de Cheick. En disposant les djembés tout autour, cela fait exactement la reproduction d'un set de batterie. Joannie et Cheick vont donc jouer le même rythme, mais sur cinq djembés au lieu d'un seul. Et notre rôle à chacun est de pencher le djembé vers le public de façon à montrer la lumière multicolore. Vraiment super créatif!

Créatif certes, mais techniquement, ce n'est vraiment pas évident. Il faut penser au fait que des fils vont serpenter la scène partout, et il ne faut donc pas se mêler. À force de persévérance et d'ajustements, nous parvenons à faire notre numéro au complet sans trop de misère. Le mardi suivant, la deuxième pratique est beaucoup plus technique. Après la soirée de la veille assez pénible merci, j'anticipais un peu avec appréhension cette heure. Nadège, la directrice de production, s'affaire à nous positionner sur scène, à nous montrer les pas, à synchroniser notre gestuelle avec la musique, à positionner le corps. Puis, Luc intervient pour nous montrer la première partie du numéro avec les structures.

C'est à ce moment que je vois toute l'expérience de ce directeur musical à son plein potentiel. Sans élever la voix une seule fois, sans même montrer le moindre signe d'impatience, il place un à un chaque morceau de son casse-tête musical. De la chute du luminaire jusqu'au dernier punch de tambour douze minutes plus tard, tout est pensé, calculé. Rien n'est laissé au hasard. Le plus difficile là-dedans est de rester focusé. Surtout lors du déplacement des structures, ces trucs-là sont aussi facile à déplacer qu'une voiture en mode "P". Plusieurs prises plus tard, on arrive à un numéro qui est en train d'être suffisamment huilé pour que Luc décide de canceller la pratique du lendemain. La générale le jour du spectacle devrait suffire.

Le jour de la grande prestation arrive enfin. J'arrive au Centre Mont-Royal en plein centre-ville à midi pile, et après avoir déduit le chemin pour se rendre à la salle de spectacle, j'arrive juste à temps pour installer les djembés sur scène et fixer le spot de lumière sur celui-ci. Par la suite, l'éclairagiste assigne des numéros sur chaque djembé pour contrôler chaque luminaire. L'effet est vraiment super, le choix de couleurs est vraiment varié et avec les peaux cela crée tout un impact. Beaucoup de temps passe avant que nous puissions commencer à faire la générale. Vers 14hres, nous pouvons enfin taper sur nos tambours sans trop déranger le voisinage. Sous les consignes de la régisseuse et de Luc, nous effectuons les déplacements de structures, les positionnements sur scène et finalement, nous répétons deux à trois fois le numéro avec les éclairages et les micros, à fond la caisse. Vraiment difficile de se concentrer, avec toutes ces lumières, les micros, les fils dans les jambes...

Exténué, je dévore enfin mon poulet Saint-Hubert avec les autres où je profite de ce moment de pause bien mérité pour socialiser avec les musiciens. Vraiment un des moments privilégiés que je peux vivre en temps qu'apprenti percussionniste. Nous retournons ensuite dans une salle où pendant une bonne heure, je rigole avec Cheick qui nous enseigne à moi, Catherine, Nicolas et Truc des rudiments de wolof. Les autres élèves de Samajam arrivent par la suite (plus d'une soixantaine), et bientôt, l'heure du showtime arrive enfin. L'équipe du premier numéro se met en cercle, et on fait la traditionnelle levée de bras en se souhaitant un bon spectacle. Nadège nous indique ensuite le chemin pour se rendre en coulisses. Après de longues minutes en silence derrière la scène, les lumières baissent, et Marina Orsini fait son entrée. À ce moment, je sens mon rythme cardiaque commencer à accélérer.

Après les discours d'usage, le luminaire tombe, enfin. Plus le droit à l'erreur, après des heures et des heures de pratique, voilà enfin notre petit moment de gloire. Ça passe à la vitesse de l'éclair, comme d'habitude. Heureusement, ce fut vraiment notre meilleur prise. Sans compter le numéro de mi-spectacle où j'ai remonté deux fois sur scène pour jouer la pièce Diouf africaine et une samba brésilienne enflammée au surdò.

Mais, vu qu'une image vaut milles mots, voici ce à quoi ressemblait notre performance. Une autre à ajouter dans ma collection...

Numéro d'ouverture (avec effets de lumière multicolore)


Numéro de fermeture (africain, baguettes et samba brésilienne)

samedi 3 mars 2007

Pétarade lumineuse et explosive (VIDÉO!)

MISE À JOUR: Un super gros merci à Caroline qui m'a gentiment envoyé un vidéo des meilleurs moments de notre prestation!!! À voir et à revoir!



Hier matin, vers les 8h15, je me lève et en ouvrant le rideau, je constate que la tempête fait rage et il neige à plein ciel. La journée en sera encore plus spéciale et mémorable, car nous allons mettre un peu de soleil dans toute cette blancheur hivernale. Non sans avoir sué à grosses gouttes à déblayer l'entrée de mon chez moi, je file à travers la neige jusqu'à Saint-Luc, où j'arrive complètement en sueur car je m'étais habillé trop chaudement.

Vers 14h30, je quitte l'hôpital le sourire aux lèvres, pour aller au point de rendez-vous juste avant notre générale pour le spectacle de pétarade de Montréal en Lumière. J'arrive à notre loge, le pub Saint-Paul, tout en constatant que la neige n'a pas arrêté de tomber, drue et mouillée. Déjà, plusieurs Samajamiens sont là, les cheveux trempés et de travers, les joues toutes rouges, mais remplis d'énergie contagieuse. J'ai tout juste le temps de déposer mes affaires, d'enfiler mes pantalons de neige avec mes protège-genoux, que Nadège, notre coordonnatrice, s'amène pour la réunion expliquant le déroulement de l'après-midi. Plans du site, explications du trajet pour les deux groupes, tout y passe, et j'écoute attentivement pour ne rien manquer.

Par la suite, on pratique notre numéro de samba où nous serons en train de descendre la place Jacques-Cartier. Après deux ou trois fois, on en vient qu'à bien livrer la marchandise. Puis, on s'habille chaudement car les deux prochaines heures se passeront dehors, dans la tempête. Les djembés recouverts de plastique pour ne pas abimer les peaux, et moi ayant mon surdò bien en place, nous marchons tant bien que mal jusqu'à la place Jacques-Cartier. Et là je me rends compte qu'il faut tenir le rythme en regardant où on met ses pieds, car c'est glissant pas à peu près avec la neige. Mais, nous réussissons à compléter la première partie du numéro sans trop de problèmes. Sur le site, les déneigeuses s'affairent déjà à tout déblayer. Le coordonnateur extérieur du festival vient à notre rencontre et nous explique le déroulement du reste du numéro. Le groupe de Michel avec les baguettes d'un côté, notre gang de Brésilien de l'autre, nous allons fusionner nos deux rythmes initiaux afin d'accompagner deux jongleurs et cracheurs de feux. Tasse-toi mononcle!

La dernière portion de la générale se fait devant la scène, où nous positionnons chaque personne devant la scène. Un long, très long processus qui demande de la patience et un peu de bougeotte car mes orteils commencent à être engourdies. Mais malgré la longue attente, le paysage est tellement magnifique. De gros flocons qui tombent comme une salière, sans une brise de vent, s'amoncèlent sur le sol, dernier souffle de la tempête. C'est la dernière touche de dame Nature qui voulait apporter son grain de sel (ou de neige) à notre grand spectacle. Sous cette même neige, nous retournons nous réchauffer au Pub Saint-Paul en attendant que ce soit l'heure d'entrer sur scène.

À 19h précises, c'est le temps de se rhabiller et de revêtir le curieux costume officiel des artistes du festival, un sarrau blanc tacheté de peinture multicolore. Non mais quel est le rapport avec ce qu'on s'apprête à faire? Je n'en ai pas la moindre idée. Mais bon, on n'a pas le choix de le mettre, et disons que ce n'est pas très contraignant à porter...Nous quittons le bar, instruments en main, et nous marchons sur la rue Notre-Dame. Une autre attente interminable dans une ruelle attenante à la place Jacques-Cartier, dans pas loin de 40 centimètres de neige maintenant. Mais, le ciel s'est dégagé et la température est parfaite. Marc, le coordonnateur crie enfin "2 min, standby tout le monde". On se place en position, surdòs au milieu de notre fanfare. Accompagnés de quelques danseurs et d'une marionnette géante, nous sortons enfin de notre cachette, nous prenons tous une grande respiration et Pat Dugas nous donne le cue pour commencer à faire un roulement du tonnerre annonçant notre présence. C'est parti...

Déambulant la pente de la place Jacques-Cartier, je comprends tout à fait maintenant la raison d'être de notre costume. Avec la neige et les lumières multicolores, le tout se marie à merveille. Notre samba semble bien plaire aux quelques braves gens qui se sont déplacés, car hélas, la tempête en a fait fuir plus d'un. Mais, il y a quand même pas mal de visages souriants qui nous regardent. Après quelques mesures entrecoupés de cassés, un immense nuage orange éclate devant nous, les pétards se font entendre dans la nuit. Puis, nous arrivons à l'intersection de la rue de la Commune et des quais pour rejoindre l'autre groupe de Michel Séguin avec leurs djembés et leurs baguettes. Autre roulement du tonnerre, les deux jongleurs de feux munis de leurs poïs s'avancent, et on se lance dans la cumbià. Passe pas très très réussie je dois en convenir, la distance, tous les stimuli qui nous entourent provoquent une certaine hésitation. Qu'à cela ne tienne, je me concentre sur les baguettes de Pat qui fendent l'air et je synchronise mon battement de surdò avec le sien. Plus fort, plus fort!! Bon, enfin, le tout semble se replacer un peu. Le temps de voir à peine des flammes de feux tournoyer sur la mini-scène, on se déplace encore sous les ordres de Marc pour enfin arriver devant la grande scène où aura lieu dans quelques instants le clou du spectacle, la grande mascleta.

À nouveau, un autre roulement pendant que la foule s'attroupe devant nous. Et vient se fondre à notre tonnerre la bande sonore du numéro que Luc Boivin a concoctée. Pendant qu'il fallait balancer de droite à gauche sans arrêt, il fallait tenir le rythme, arrêter au bon moment, crier, sourire, suivre le leader, et surtout oublier la fatigue, les crampes, respirer...Mais tout s'est déroulé à merveille. Et sans même m'en rendre compte, hormis la forte odeur de roussie qui planait avec la fumée, des tourbillons de feux et de pétards explosaient un peu partout, amenant encore plus de magie à notre performance, puisque le tout, aie-je appris de spectateurs complètement renversés par notre show, était parfaitement synchronisé avec notre musique. Un autre secret que possède Luc dans son arsenal de trucs capotés. Finalement, nous faisons notre ultime et dernier roulement, non sans cris du coeur et sourire aux lèvres. La foule est en liesse, c'est un autre spectacle de Samajam qui vient de se terminer, avec encore un gros bravo à toute cette belle gang.

La soirée se termine dans l'atmosphère la plus festive qui soit, au pub Saint-Paul, au son de la musique rock du band local. Fallait bien faire sortir le trop plein d'adrénaline. Et lorsque j'ai déposé ma tête sur l'oreiller, ça n'a même pas pris 2 minutes et je dormais déjà, me repassant dans ma tête la bande sonore de ce spectacle complètement sauté!

mercredi 16 août 2006

Apprenti congero

Wow, tout un dernier cours de brésilien que notre prof Pat nous a donné aujourd'hui! Nous avons eu droit à notre premier contact avec les congas, ces fameux tambours en forme de tonneaux que les cubains et les brésiliens raffolent! Quel son extraordinaire, je suis vraiment en train de me demander si je vais pas me lancer à fond là-dessus cet automne, c'est beaucoup plus subtil que le djembé qui lui est plus tribal et puissant dans le son. Nous avons appris le rythme traditionnel de l'afochë (note à moi-même: trouver la véritable ortographe de ce mot-là...), rythme qui est joué durant les carnavals brésiliens pour célébrer les divinités. En plus des congas, il y a les agôgô (double cloche en métal),  les shekeres et les sourdos.  Vraiment super la percussion, en plus de la musique on a droit à des voyages culturels vraiment cool! Mais maintenant je profite d'une pause bien méritée jusqu'en septembre, question de sevrer pour repartir en force!

mot-clé: chronique, arts

mardi 15 août 2006

Dernier cours de Brésilien ce soir...

Dans quelques heures, ce sera mon dernier cours de percussions brésiliennes...Vais-je continuer en automne? Je ne sais pas trop encore, mais ça me tente! J'ai découvert un style de percussions vraiment trippant et stimulant. Je joue du sourdo dans la troupe, ce qui est l'équivalent du base drum dans un band rock. J'adore le feeling de cet instrument, on ressent les vibrations partout dans le corps. Et de toutes les parties de la troupe, c'est de loin la plus importante, puisque les sourdo dictent le tempo et le rythme. Dès que l'on frappe plus vite, tout le monde suit. Le défi est donc de rester toujours alerte et ne jamais fléchir le rythme, même s'il faut jouer moins fort. C'est un excellent moyen de compter les mesures et d'apprivoiser la notion de rythme. Me voici avec Caro où on s'est amusé comme des petits fous au Lac Carré en juin dernier.
mot-clé: chronique, musique